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vigile © Reuters

Le plan Vigipirate est renforcé depuis janvier. En plus des policiers et des militaires, des équipes de sécurité sont particulièrement mobilisées. Le problème, c'est que leurs effectifs sont limités et qu'elles aussi commencent à être à bout de souffle.

Elles croulent sous les demandes, depuis les attaques de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher, en janvier. Le gouvernement a prolongé les niveaux Vigipirate : "Alerte attentats" pour l'Ile-de-France et les Alpes-Maritimes, "vigilance renforcée" pour le reste de la France, au moins jusqu'au 10 avril. Un dispositif qui ne concerne pas que les forces de l'ordre.

Depuis le premier jour, "on a mis en place des services de sécurité sur les synagogues et les mosquées dans l'urgence et aussi sur les établissements recevant du public, tous les bâtiments publics avec des évènements", explique Guy Aldeguer, le président de SAS Sécurité. A ce moment-là, ce n'étaient pas encore les pouvoirs publics qui en avaient la charge. Mais la demande de vigiles et d'agents de sécurité a été multipliée.

Si avant ils mettaient deux agents, aujourd'hui on va en mettre quatre.

Des heures supplémentaires et le risque de fatigue

Pour faire face à cette demande, il a fallu s'adapter, trouver les effectifs. Et aussi les mettre en condition : "Nous avons recruté un petit peu mais nous avons surtout demandé à nos agents de faire des heures supplémentaires et (...) vu les risques à venir (...) j'ai pris les devants, j'ai envoyé des agents en formation avec des anciens des services d'élite de l'armée française pour les situations à risque, les situations de crise, afin qu'ils soient prêts si besoin."

Mais deux mois après les attentats, le recours aux entreprises de sécurité privée est toujours aussi important. Olivier Duran, du Syndicat national des entreprises de sécurité privée , explique :

Les centres commerciaux, les espaces ouverts au public ont à peu près maintenu les effectifs complémentaires qu'ils ont demandé. La vigilance reste la même. Elle s'est même accrue ces derniers temps avec les alertes terroristes qu'on a eu sur deux sites commerciaux très importants.

Le problème, c'est que ces entreprises ont du mal à faire face à cette demande subite. Elle ne peuvent pas gonfler leurs effectifs en quelques jours, puisque former un agent de sécurité prend au minimum trois mois : 140 heures de formation, une autorisation administrative et une demande de carte professionnelle .

Nouvelles formations

Depuis deux mois, les formations accueillent donc de nouveaux candidats, comme Mohammed. Pour lui, suivre ce cursus, c'est un moyen concret de lutter contre le terrorisme : "ça a renforcé mes convictions, j'ai envie de contribuer à la sécurité de la France."

"Ça relève plein de questions, comment gérer, comment se comporter face à un attentat, parce que face à ça je pense qu'on est tous dans le questionnement", explique Zoer.La gestion d'attaques terroriste faisait déjà partie de la formation. Désormais, elle devrait prendre plus de place. "Ça ne mange pas de pain qu'on rajoute une couche", raconte Philippe Maquin, le président de l'Union nationale des acteurs de formation en sécurité. D'autant que le Premier ministre Manuel Valls l'a rappelé : il faut s'habituer à vivre avec cette menace terroriste . Le plan Vigipitare sera donc prolongé autant que nécessaire. Et les 150.000 agents de sécurité privée en France devraient encore être très demandés.

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