Fin de notre tour dans l’ex bloc de l’est : dernière étape ce matin à Prague, en République tchèque. L’année 1989 se termine en beauté en Tchécoslovaquie, avec la Révolution de Velours. Vaclav Havel est nommé Président par intérim le 29 décembre. Dubcek, le héros du Printemps de Prague de 1968, revient à la tête du Parlement. C’est la revanche imprévue. Personne n’espérait un tel dénouement. A Prague, il n’y a que mille dissidents, pas deux millions comme en Pologne. Le modèle à suivre, c’est Sakharov, la ligne à suivre était celle de la Conférence d’Helsinki à laquelle participait l’URSS, libre circulation des idées et des personnes, respect des droits de l’Homme. Le manifeste qui fédérait les opposants, la Charte 77, avait été signé par beaucoup de communistes. On ne prétendait pas faire la révolution. On avait déjà essayé en 68 et c’était resté un traumatisme. (Reportage) Havel fera 3 mandats avant de céder le pouvoir en 2003. Juste après avoir appuyé l’intervention américaine en Irak ce qui l’a rendu impopulaire. Il ne s’est pas non plus opposé à la partition de 93 entre la Tchéquie et la Slovaquie alors que Dubcek ne la souhaitait pas. Curieusement, ce n’est pas la période communiste qui fait débat, c’est la question des Sudètes, la frontière germanophone. Vaclav Klaus, le Président tchèque, a finalement signé le traité de Lisbonne après avoir obtenu de Bruxelles la garantie qu’il n’aura pas à satisfaire les demandes de réparation de 2 millions d’Allemands chassés des Sudètes par décret après la guerre. Ce thème nous ramène à 38, à la conférence de Munich, à la volonté européenne d’apaiser Hitler, en lui accordant le droit d’annexer les Sudètes et donc d’envahir une partie de la Tchécoslovaquie, thème cher à Vaclav Havel et au cinéaste Milos Forman. Aujourd’hui encore, la dissidence est le fait d’étudiants. Dans la grande tradition de résistance au mensonge érigée en méthode de gouvernement, alors que l’opinion est blasée, l’Université de Prague conteste avec ce mouvement « Inventura democrazie ». Quelque chose ne tourne pas rond. Les députés sont priés de corriger les abus : pourquoi ne paient-ils jamais leurs contraventions comme tout le monde ? Pourquoi les dirigeants de clubs sportifs encombrent les conseils d’administration des médias ? Pourquoi les attributions de marché se font au mépris des appels d’offre, et pourquoi y a-t-il tant d’amendements législatifs ? _____Un reportage de Philippe Reltien et Jean-Marie Porcher.

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