Cent ans après la fin de la première guerre mondiale, des soldats morts pendant ce conflit, n'ont jamais été inscrits sur les stèles de leurs communes. Cet oubli s'explique en partie par la confusion administrative de l'après guerre. Il commence à être réparé, notamment en Béarn.

Les noms de cinq poilus ont été ajoutées sur le monument aux morts d'Asson ces dernières années
Les noms de cinq poilus ont été ajoutées sur le monument aux morts d'Asson ces dernières années © Radio France / Béatrice Dugué

L'histoire commence à un dizaine de kilomètres au nord de Pau, à Navailles-Angos, où le nom d'Edouard Lalanne a été ajouté à la peinture dorée sur le monument aux morts de la commune, en 2014. Ce jeune soldat est mort à 20 ans, des suites de ses blessures à Paris, dans les derniers jours de la guerre. Il était le fils de Noélie, mère célibataire, employée journalière à Navailles. Son avis de décès envoyé par la Préfecture de la Seine à l'époque, s'est semble t-il perdu. Et du coup, il n'a jamais été inscrit sur la stèle de sa commune. 

"On s'est dit : il faut se souvenir de cet homme, il faut le rajouter sur le monument" : Francis Hunault, le maire de Navaille-Angos

Edouard Lalanne, c'est Georges Péron qui l'a sorti de l'oubli

Ce retraité du Gaz, président du cercle généalogique des Pyrénées Atlantiques, a épluché les fichiers des 10 000 morts béarnais de la guerre 14-18. Et il a établi que 586 poilus ne figuraient pas sur les monuments. Les hommes pulvérisés par les obus ont souvent été inhumés collectivement dans des nécropoles, loin de leur pays natal. Et les avis de décès se sont perdus dans la confusion de l'après guerre, soit là où ils sont morts, soit dans leurs municipalités.         

Tous ces jeunes ont fait la guerre, se sont faits tuer et puis terminé ! Il n'y a plus le nom, plus rien du tout, comme s'ils n'avaient jamais existé.

Les généalogistes amateurs ont donc à cœur de réparer les oublis. Georges Péron a écrit aux maires des communes concernées à chaque fois qu'il a trouvé une histoire. Il a aussi établi que 2 426 morts béarnais sont inscrits ailleurs que dans leur village de naissance ou de résidence.

Chaque réponse positive des mairies était une victoire pour moi

Peu de départements en France ont réalisé l’équivalent du travail de Georges Perron... Potentiellement ce sont donc plusieurs dizaines de milliers de poilus qui manquent sur les monuments aux morts. La loi du 28 février 2012 rend obligatoire l'inscription des "morts pour la France" de 14-18 sur les monuments aux morts.

Le nom du poilu Edouard Lalanne a été ajouté à la peinture dorée sur le monument en 2014
Le nom du poilu Edouard Lalanne a été ajouté à la peinture dorée sur le monument en 2014 © Radio France / Béatrice Dugué
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