Les députés ont adopté hier le projet de loi pour renforcer le contrôle du médicament et éviter un nouveau scandale du Mediator. Commercialisé par les laboratoires Servier, le Mediator aurait fait entre 500 et 2 000 morts. Jacques Servier, le président fondateur du groupe, a été mis en examen pour tromperie et escroquerie. Le procès devrait débuter en mai 2012. En attendant, les salariés de Servier préfèrent garder le silence.

Gidy, un village à quelques kilomètres d'Orléans, abrite la plus grande usine de production des laboratoires Servier.

Des bâtiments éparpillés sur une centaine d’hectares au milieu d’un parc verdoyant. C’est dans ce cadre bucolique que Servier a fabriqué son Mediator pendant plus de 30 ans. Le site est entouré de grillages électrifiés et de caméras de vidéosurveillance. Impossible d’entrer ici sans y être invité.

A Gidy, l'affaire du Mediator est un sujet tabou. Parmi les 800 salariés de l'usine, un seul a accepté de nous parler hors micro. Il s’appelle Patrice Gaubert. C’est le représentant du comité d’entreprise : « On veut que cette affaire se tasse… dit-il... Aujourd’hui, on ose à peine avouer qu’on travaille chez Servier. Pourtant, nous n’avons rien à nous reprocher. Nous sommes fiers de notre métier ».

Ici, Servier est une institution quasi intouchable. Premier employeur du village, les laboratoires ont permis de financer la plupart des infrastructures municipales.

Gérard Lenormant a travaillé sur le site de Gidy jusqu'en 1969. Il a été licencié à cause de ses activités syndicales.

SON

Une entreprise paternaliste où règne le culte du secret... c'est une description qui revient souvent chez les anciens employés de Servier.

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Comme cette femme qui souhaite garder l'anonymat. Nous avons donc transformé sa voix. Elle a travaillé pour Servier au début des années 2000.

SON

Comme tous les grands laboratoires pharmaceutiques, Servier s'appuie sur le lobbying pour défendre ses intérêts. Quitte à intimider ou déstabiliser les personnalités "gênantes".

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Dernier exemple en date... la semaine dernière... la lobbyiste attitrée de Servier auprès du Parlement a donné une interview au journal "Le Parisien". Elle évoque des rencontres régulières, et même une connivence avec certains parlementaires dont elle cite les noms... Comme la socialiste Catherine Lemorton. Pourtant, cette députée... très critique envers l'industrie pharmaceutique... affirme avoir rencontré la lobbyiste à 2 reprises seulement. Si son nom apparaît dans cet article, ce n'est sans doute pas un hasard: Catherine Lemorton s'est récemment attaquée à BIOGARAN... la filiale de Servier pour les médicaments génériques.

SON

Un reportage de Yann Gallic. __

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