Est-ce que Big Brother se cache dans le GPS ? Les taxis new-yorkais sont en grève aujourd'hui pour protester contre l'installation de systèmes de géo-localisation dans leurs taxis. L'appareil pourrait ainsi enregistrer tous leurs déplacements. Les « Yellow Cabs » le vivent comme une violation de la vie privée. Ce phénomène existe aussi en France depuis quelques années. Le GPS dont il est question ici, ce n'est pas le petit ordinateur de bord qui vous permet de trouver votre route, mais un appareil de géo-localisation qui situe dans l'espace n'importe quel objet ou personne. C'est le principe du bracelet électronique. Ce système, peu d'entreprises françaises l'utilisent déjà. L'équipement coûte cher. Entre 10 et 15.000 euros par an. L'entreprise TZF, elle, a équipé ses 35 véhicules d'un petit boitier, qui suit Jean-Michel à la trace, dans les rues de Montreuil (interview). Jean-Michel, lui, n'a pas l'air d'être trop stressé par le GPS. Ce coursier n'a rien à se reprocher dit-il. Il livre dans les temps. Il a compris quel intérêt l'entreprise tirait du GPS. L'entreprise peut savoir si un chauffeur ne s'est pas levé le matin, s'il a eu un accident, s'il a bien livré et à quelle heure. Chez TZF, le projet a été accepté en Comité d'Entreprise. Il a été validé par la CNIL, la Commission Informatique et Libertés. Il y a bien eu quelques inquiétudes au début mais maintenant tout est rentré dans l'ordre. Ce qui n'est pas le cas partout. Loin de là. Le GPS fait plutôt peur aux salariés. Olivier, par exemple, est coursier depuis 10 ans. Il préfère rester anonyme (interview). Aujourd'hui, Olivier a trouvé la solution pour ne plus être pisté. Il roule en scooter, en 50 cm3, sans GPS. On comprend que l'utilisation du GPS dépend beaucoup du climat social au sein de l'entreprise. Alors pour éviter la loi de la jungle, il existe, malgré tout, des règles qui s'imposent à tous. Ces règles ont été édictées par la CNIL, la Commission Nationale Informatique et Libertés. Pour avoir le droit d'utiliser le GPS dans sa société, il faut que les salariés en soient informés et que l'utilisation du GPS soit proportionnée à l'intérêt de l'entreprise. En clair, si c'est pour améliorer la gestion des coursiers, c'est oui. Si c'est pour les fliquer, c'est non. Aujourd'hui, le GPS est donc autorisé pour les taxis, les livreurs, les dépanneurs, les transporteurs de fond mais PAS pour les VRP. Ils doivent pouvoir gérer leur temps de travail comme il l'entendent. C'est le sens d'une décision très rare rendue il y a 2 ans par la justice d'Agen. Hélène Lebon est avocate spécialisée dans ces nouvelles technologies (interview). Les tribunaux pour le moment n'ont pas été saisis de beaucoup d'affaires de GPS. Les principaux contentieux sur les questions de surveillance des salariés tournent aujourd'hui autour des caméras vidéos, les caissières de supermarché sont parfois filmées. Les avocats et les syndicats s'inquiètent aussi de l'arrivée de la biométrie, pour contrôler par exemple l'utilisation d'une simple photocopieuse. Un dossier de Sébastien Laugénie.

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