Un reportage signé Eric Valmir, correspondant permanent de France Inter, à Milan, en Italie Avec l’ouverture, aujourd’hui, à Milan, du procès du « Ruby gate », contre Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien est poursuivi pour abus de pouvoir et recours à la prostitution de mineures. Un procès qui s’ouvrira sans Berlusconi et qui pourrait en fait se limiter à un report à une date ultérieure, a indiqué l’un de ses avocats. Jamais un procès n’a autant inquiété Silvio Berlusconi. D’abord, il est simple à comprendre pour l’opinion publique, il ne s’agit pas de corruption ou montages financiers douteux, mais d’une prostituée marocaine que le Président du Conseil a fait libérer en mai 2010 alors qu’elle était interpellée pour vol, arguant qu’elle était la nièce de Moubarak et qu’il fallait éviter un incident diplomatique. Et à un moment où Silvio Berlusconi est fragilisé sur la scène politique, cette chronique judiciaire interpelle son électorat et La Ligue du Nord, son principal partenaire. Marco Travaglio, journaliste proche de la magistrature. Interview de Marco Travaglio La défense de Silvio Berlusconi consiste à dire qu’il n’y avait pas d’échanges de faveurs et en aucun cas, un réseau de prostitution. Silvio Berlusconi est un homme généreux qui aime s’entourer de jolies filles. Giuliano Ferrara, ancien ministre berlusconien, directeur du Foglio , quotidien de centre droit. Interview de Giuliano Ferrara Mais ce n’est pas l’opinion des manifestants réunis à Rome et Milan. La nuit blanche de la démocratie, des rassemblements devant le Parlement de Rome et le tribunal de Milan. Francesca, mère de famille, peine à comprendre les arguments de la défense. Interview de Francesca Mais il y a aussi des manifestations de soutien pour le chef du gouvernement. Silvio Berlusconi a toujours dit qu’il se défendrait à la télévision et dans la rue, et qu’il avait autre chose à faire, compte tenu du contexte international, que de répondre à la convocation des juges. Donc, tout se joue au Parlement avec des propositions de lois qui réduisent les délais de prescription, ou qui imposent des procédures techniques favorables à la défense du Président du Conseil. Les amendements proposés par la gauche ont tous été rejetés. D’où la colère du leader de l’opposition, Pierluigi Bersani. Interview de Pierluigi Bersani Sur les quatre procès en cours, deux sont déjà sur une voie de garage, les faits étant quasiment prescrits. Pour celui de Ruby, les avocats de Silvio Berlusconi veulent gagner du temps, espérant un renvoi pour début juin et une réforme de la justice votée entre temps.

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.