C’est un commerce essentiel pourtant il ferme un peu partout notamment dans les zones rurales. En cinquante ans, la France a perdu 22.000 boulangeries artisanales. Pourtant, si la baguette est retenue comme patrimoine immatériel de l’Unesco l’an prochain, elle devra bien être préservée.

Chloé, Maxime et leur stagiaire Timothée, 18, 20 et 15 ans, gèrent la boulangerie de Beugnon-Thireuil (Deux-Sèvres)
Chloé, Maxime et leur stagiaire Timothée, 18, 20 et 15 ans, gèrent la boulangerie de Beugnon-Thireuil (Deux-Sèvres) © Radio France / Mathilde Dehimi

C’est une fierté nationale, une bonne baguette française, sortie chaude et croustillante du four. La France vient de déposer sa candidature comme patrimoine immatériel de l’Unesco qui se prononcera en 2022. 

Un dossier porté depuis quatre ans par la Confédération nationale de la boulangerie pâtisserie française. La Confédération relève aussi que si la baguette est reconnue au niveau mondial, il faudra protéger son savoir-faire alors qu’il reste 33.000 boulangeries artisanales en France contre 55.000 dans les années 70. Le secteur recrute : il manque 9.000 boulangers aujourd’hui en France.

Certains villages se battent pour garder leur boulangerie comme à Beugnon-Thireuil, 750 habitants dans les Deux-Sèvres. Pendant près d’un an, la boulangerie à la sortie de la commune nouvelle est restée fermée. La mairie détient les locaux, rééquipe le commerce pour 38.000 euros d’équipements et lance un appel. Elle choisit parmi plusieurs candidatures de confier les clefs à Maxime, 20 ans et Chloé, 18 ans. 

La boulangerie, lieu social

Le jeune couple s’est installé il y a quatre mois et a rouvert la boulangerie. Une aubaine car ils n’auraient pas pu se lancer à leur âge dans un prêt pour acheter un fonds de commerce, disent-ils. Ils versent un loyer d’environ 500 euros avec logement chaque mois à la mairie. Les habitants ou clients de passage sont ravis de devoir s’épargner des kilomètres pour trouver du pain et notent que la boulangerie est devenue le point de rencontres qui avait disparu du village. 

Un modèle clef-en-main, décliné aussi pour un bar-restaurant et assumé par le maire même s’il a fait débat dans la commune. "L’investissement" dit Denis Onillon "est compensé", car il s’agit d’un service à la population et il faut bien, dit-il, une aide à l’installation. 

La commune de Beugnon-Thireuil est devenue plus attractive, le nombre d’inscriptions à l’école est en hausse, la courbe démographique est inversée et l’on se bat pour décrocher l’un des logements rénovés par la mairie.  

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