Direction le Morvan en Saône-et-Loire. Avec la fin de l'angoisse pour les agriculteurs de la région. 2 incendiaires présumés qui s'en prenaient aux exploitations agricoles, ont été arrêtés. En 3 mois, 10 incendies criminels ont ravagé des hangars, dans des conditions très similaires. 3 mois d'enquête pour les gendarmes, 3 mois de suspicion chez les agriculteurs. En quelques heures, l'atmosphère s'est considérablement apaisée dans la région. Et il était temps, disent les agriculteurs, car le contexte était pesant. Et il l'était encore plus, depuis la mort de 8 animaux dans l'un des derniers feux. Et ça, c'est l'impensable pour ces éleveurs. Tous les ingrédients étaient réunis pour rendre la situation tendue. D'abord le périmètre dans lequel ça se passait : un rayon de 15 kilomètres autour d'Autun, dans une région dédiée à l'élevage. 3 mois à se demander si on n'allait pas être le prochain. Hier, en quelques heures, l'annonce de ces 2 arrestations. Enfin, annonce pas franchement. Puisque personne n'a cru bon prévenir les victimes. Christian Largy l'a appris lors du coup de fil que nous lui avons donné hier. Son hangar a été dévasté il y a un mois. Le 5è incendie de la série de 10 (interview). C'est une petite région qui vit au rythme de ces éleveurs, de ces hameaux. Certains très isolés, pas toujours faciles d'accès dans les vallées du Morvan. Pour le couple Scalin, ça reste un traumatisme. L'incendie de leur hangar remonte à septembre, l'un des premiers feux. Ils sont retraités - 73 et 74 ans (interview). Les consignes des autorités étaient à la vigileance. Mais tout le monde redoutait à demi mot, l'autodéfense, la vengeance. C'était une autre angoisse cumulée à celle de l'incendie. Mais il faut bien préciser que la plupart des éleveurs s'est contentée de changer les habitudes. Les chiens qui dorment dehors, les lumières allumées toute la nuit, aller au lit plus tard, car les feux étaient mis entre 20h et minuit. Et surtout... observer, à la fenêtre parfois. Et sortir à la moindre alerte. L'autre aspect qui sera encore plus long à régler celui ci, ce sont les pertes économiques. Alors c'est difficile encore à chiffrer, mais des centaines de milliers de tonnes de fourrage ont brûlé. Ce n'est pas négligable. Une tonne de paille c'est 60 euros. Une tonne de foin, plus de 100 euros. Mais pour Bernard Joly, le vice-président de la FDSEA de Saône-et-Loire, ce n'est pas le plus important. Alors sur ces 2 arrestations, le procureur de Chalons en dira plus ce matin. Et c'est seulement après que les habitants retrouveront une vie plus normale. Mais il reste encore une angoisse pour les habitants. Si ces incendiaires présumés sont de la région, alors ce serait un autre coup de massue, commente un éleveur. Un dossier de Vanessa Descouraux.

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