Un reportage signé Delphine Simon Le gouvernement Zapatero vient de prendre de nouvelles mesures d’austérité, provoquant une "grève" surprise des aiguilleurs du ciel espagnols ce week-end. Pour comprendre les raisons de la crise, Delphine Simon s'est rendue à Madrid et en Castille, à Sesena, 40 km au sud de Madrid. Ce devait être la vitrine du miracle économique espagnol, la ville nouvelle est devenue le symbole de la crise. Une ville presque fantôme, plantée au milieu des autoroutes et des lignes haute tension. Aujourd’hui, des milliers de logements sont à vendre, les agences immobilières affichent des rabais. Parmi les rares passantes, les avis sont mitigés. Interview de passantes Des villes-dortoirs comme Sesena ont poussé comme des champignons : 700 000 logements par an, mais aujourd'hui la construction, moteur de la croissance espagnole, est en panne. Les immigrés qui se sont précipités pour acheter, sont aujourd'hui les premiers touchés par la crise. Impossible de rembourser, explique cette mère de famille de quatre enfants, Maria Leonor et son ami Enrique. Interview de Maria Leonor Le chômage plombe l’économie espagnole, la quatrième économie de la zone euro. De 7% en pleine croissance, le chômage est monté à 20%. Chez les moins de 25 ans c'est même 40%, un record en Europe. Pas d'émeutes pourtant. En Espagne, la solidarité familiale joue beaucoup. On retourne vivre chez ses parents, même si l'inquiétude est très forte pour Sarah. Cette policière de 50 ans a deux enfants et un salaire qui vient de baisser. Interview de Sarah Devant les montagnes de dette de la municipalité de Madrid, 8 milliards d’euros, le maire a demandé l’aide de l'Etat, qui a bien d'autres soucis. Et comment réagit le gouvernement Zapatero ? Quatre paquets de mesure d’austérité en deux ans : gel des pensions, suppression de l'allocations pour les chômeurs en fin de droit, aide aux PME... Pour un gouvernement socialiste, la pillule est amère, mais logique, à en croire Gilles Serra, banquier et président de la Chambre franco-espagnole de Commerce. Interview de Gilles Serra Reste à savoir quoi faire du million de logements vacants. Certains espèrent attirer les personnes âgées de toute l'Europe, séduites par le climat. Plus de 350 000 Britanniques sont domiciliés en Espagne.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.