Les Américains quittent l'Irak
Les Américains quittent l'Irak © Radio France / Shannon Stapleton

Huit ans après l'invasion de l'Irak, les Américains font leurs valises. D'ici la fin de l'année, il ne restera plus qu'un petit contingent de militaires pour assurer la sécurité de l'ambassade américaine dans la "zone verte" au centre de Bagdad. C'est la fin d'une aventure militaire qui leur a coûté au bas mot 3 000 milliards de dollars, 4 500 soldats tués et plus de 30 000 blessés. 100 000 morts du côté irakien... Le bilan avec Christian Chesnot.

L'Irak est une démocratie mais toujours convalescente, le pays n'est pas apaisé, les divisions communautaires, entre chiites et sunnites, entre Kurdes et Arabes, sont toujours à vif. Avec le départ des Américains, on redoute un saut dans l'inconnu, explique Qoussai Adib, journaliste à la radio publique irakienne, joint par téléphone à Bagdad.

Parce que le problème numéro un reste évidemment la sécurité et même si la situation s'est améliorée, les attentats sont quotidiens avec une centaine de morts pas mois. La "zone verte", où se trouvent l'ambassade américaine mais aussi le parlement et le gouvernement irakien, continuent d'être les cibles habituelles de tirs de mortiers. Pour les Occidentaux, notamment pour les hommes d'affaires, difficile de circuler sans véhicule blindé et sans une escorte armée, aucun axe routier n'est sûr. Pour les Irakiens, sortir dans la rue, c'est toujours la roulette russe. Ecoutez Pascale Warda, ancienne ministre de l'Immigration et des déplacés.

### La Diaspora irakienne Les Irakiens de l'étranger sont plus de deux millions, exilés dans les pays voisins, notamment en Syrie, en Jordanie et au Liban. Ils espèrent un visa pour l'Occident plutôt que de rentrer chez eux. Pour les minorités, notamment pour les Chrétiens, l'exode a été terrible et se poursuit encore aujourd'hui, constate Monseigneur Michel Kassarji, évêque Chaldéen de Beyrouth.
### Le quotidien reste précaire Malgré les centaines de milliards de dollars dépensés par les Américains, les résultats sont décevants : une partie de l'argent a été siphonné par la corruption, l'Irak fait partie des trois pays les plus corrompus au monde avec la Somalie et l'Afghanistan. Les infrastructures publiques sont dans un état déplorable, l'eau est peu et mal distribuée et surtout les gens, quand ils en ont les moyens, doivent s'équiper de générateurs pour palier le manque d'électricité. Beaucoup d'Irakiens en ont ras-le-bol, explique Isabelle Mouniaman de Médecins sans frontières, MSF qui maintient des programmes en Irak.
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