Aujourd'hui, au Tribunal de Melun en Seine et Marne, reprise du procès du rappeur Monsieur R. Monsieur R. - alias Richard Makela - comparaît pour "outrage aux bonnes moeurs", sur plainte du député UMP Daniel Mach. Ce procès a lieu dans un contexte particulier : c’est le premier depuis la "crise des banlieues" et depuis ces émeutes, on assiste à une "fronde" de députés UMP contre les rappeurs. Et le plus véhément, c'est François Grosdidier. Le 22 novembre - c'est à dire juste après les émeutes - le député de la Moselle a présenté une lettre au Garde des Sceaux. Cette lettre, signée par 200 parlementaires, accuse un certain nombre de rappeurs - dont Monsieur R - "d'incitation à la haine et au rascisme". Pour François Grosdidier, ces rappeurs encouragent, voire provoquent, la violence (interview). Les accusations du député François Grosdidier vont très loin. Comment mesurer l'influence réelle, sur le terrain, de ces rappeurs ? Pour en avoir le coeur net, rencontre avec Dina, à Clichy-sous-bois, la ville d'où sont parties les émeutes de novembre dernier. Dina est un rappeur de la Cité des Bosquets. Et pour lui, c'est la rue, qui inspire le rap, et pas l'inverse (interview). [Extrait du début de la chanson "FranSSe", de Monsieur R. C'est cet extrait, exactement, qui vaut un procès à Monsieur R. aujourd'hui.] Comment en tant que rappeur, Dina interprète-t-il ces paroles de Monsieur R ? (interview). Selon qu'on soit député ou rappeur, les mots n'ont absolument pas le même sens. Pour Daniel Mach, le député UMP qui assigne Monsieur R. en justice, il s'agit là d'une "réelle atteinte à la dignité de l'Etat" - dit-il - à tel point, que le député des Pyrénnées-Orientales a présenté, en septembre dernier, une proposition de loi visant à instaurer "un délit d'atteinte, à la dignité de la France et de l'Etat". Pour Fréderic Rolin, agrégé des Facultés de droit, et professeur de Droit Public à l'université d'Evry, toutes ces initiatives des parlementaires trahissent, un certain malaise de l'Etat (interview). Sur le terrain judiciaire, il y a eu deux précédents, ces dernières années. On se souvient du groupe "Sniper", assigné par le Ministère de L'intérieur en 2004, pour "injure et racisme". Même année, même ministère, même motif, concernant un membre du groupe "La Rumeur". Les deux groupes ont étés relaxés. Un dossier de Bilal Tarabey, journaliste au service des reportages de France Inter.

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