7 781 habitants, 5 951 inscrits, Bouaye est une petite ville de Loire-Atlantique qui ne cesse de grandir, gagnant chaque année plusieurs dizaines d'habitants. À tel point que la municipalité doit désormais contrôler et tenter de freiner les arrivées, au risque de voir ses services publics débordés.

Sa proximité avec Nantes fait de Bouaye un lieu convoité où la population est en constante augmentation
Sa proximité avec Nantes fait de Bouaye un lieu convoité où la population est en constante augmentation © Wikipédia / Cramos

Le premier lotissement ici a été construit en 1968. Bouaye, entouré des vignes du Muscadet comptait alors 1 600 habitants. Marie-Thérèse est arrivée quelques années plus tard, "le 1er juin 1980, précisément il y a 39 ans". Et depuis, "il y a eu énormément de constructions. Ce qu'on appelle 'le nouveau Bouaye' s'est s'étendu". 

Dernier programme immobilier en date, juste en face, sur un terrain viticole et un ancien chai, justement. "Ça concerne toutes ces anciennes caves de viticulteurs, tous ces bâtiments, cette maison, et tous les terrains qui sont derrière", désigne Fabien Bourgeais, responsable développement pour le groupe Lamotte. "La communauté urbaine de Nantes est très attractive depuis déjà longtemps. Naturellement, les gens se reportent sur les communes limitrophes en première, deuxième ou troisième couronne. C'est un endroit qui est parfait parce que c'est très central. On est desservi très simplement pour aller jusqu'à Nantes". 

Nantes : à 20 minutes de train pour le centre-ville, 25 en voiture quand ça roule

Bouaye est donc un lieu convoité. Les 179 logements seront livrés dans trois ans, en 2023. Même si cela aurait pu être un an plus tôt, assure Tania Cadre du groupe Lamotte. Alors pourquoi ce décalage ? "Pour se caler avec la livraison du nouveau groupe scolaire", explique Tania Cadre. "On a fait énormément de réunions, on a vraiment travaillé ce projet en collaboration avec eux, donc on s'adapte aussi aux contraintes des communes. On est toujours 'contraint' de travailler avec la collectivité". 

Pour ne pas se laisser déborder, le maire Jacques Garreau s'est donc doté d'un nouvel outil : un grand tableau coloré. Dans une colonne, les projets immobiliers ; dans l'autre, les dates de livraison. "C'est ce qu'on appelle l'Observatoire communal de la production de logements neufs et il nous sert beaucoup de façons à réguler notre nombre de logements", explique le maire. "Nous avons un objectif annuel qui tourne autour de 80 logements neufs. Si on va trop loin, ça peut nous poser des difficultés ensuite pour accueillir la population dans nos services municipaux, dans les écoles et les services périscolaires. Souvent, je plaisante avec mes collègues, mais c'est très sérieux, en disant : 

On pourrait mettre un panneau à l'entrée de Bouaye : 'complet jusqu'en 2025'

C'est à l'école Maryse Bastié que la pression démographique est la plus forte. "On est à trois 372 élèves. Je crois que quand je suis arrivée en 2016, on devait être à 310", explique la responsable de la section scolaire de la municipalité. Alors il a fallu créer cinq classes. Dans la cour, trône depuis septembre un préfabriqué qui sert également de salle supplémentaire. 

La mairie aussi a dû pousser les murs, déménager certains services. Un deuxième policier municipal vient de prendre ses fonctions. Des coûts supplémentaires, après avoir perdu 3 millions d'euros de dotations de l'État en six ans. 

Alors même si boucler les budgets est compliqué, Jacques Garreau reste un maire chanceux. "Quand je regarde la télévision et que je vois, dans certains secteurs de France, des collègues maires qui sont quand même très inquiets parce qu'ils voient leurs commerces qui ferment, une désertification, les écoles aussi qui ferment... Moi, je suis très heureux."

Notre souci, c'est de trouver la pédale du frein. Mais c'est une problématique 'de riches'. C'est plus facile que d'aller courir après sa commune qui est en train de mourir. 

Un nouveau recensement débute ce mois-ci. Bouaye vise les 8 500 habitants

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