Alors que Manuel Valls est empêtré dans les querelles à gauche sur la loi Travail, son ministre de l’Économie, lui, trace son chemin…

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © Reuters / Robert Pratta

Que cherche Emmanuel Macron ? Quelles sont ses ambitions ? Le Canard enchainé annonce qu'il pourrait quitter le gouvernement ce mois-ci, mais va-t-il franchir le pas pour se lancer dans la course à l'Élysée ? Ou bien une telle candidature est elle vouée à l’échec ?

Ce qui est sûr, c’est qu’Emmanuel Macron se donne les moyens de réussir, quitte à bouleverser le paysage politique. Il a lancé sa "grande marche" pour récolter le ressenti et les idées de 100.000 Français. Des centaines de marcheurs partout en France vont à la rencontre des français, avec un smartphone et une série de huit questions. Le mouvement "En marche" s'appuie sur la technologie mise au point par trois trentenaires français pour optimiser sa campagne de porte-à-porte. LMP comme Liegey Mulle Pons, des anciens du staff de campagne de François Hollande, aujourd’hui tournés vers l'économie.

Gauche, droite, tout le monde observe le phénomène Macron avec intérêt, jalousie ou dédain. "Bulle médiatique", dénoncent certains, "Avenir de la politique", pour d’autres.

Le spécialiste de la communication politique Thierry Saussez, proche de Nicolas Sarkozy, observe avec malice la poussée d’Emmanuel Macron. "Je suis pas sûr que ce soit très novateur. L'organisation du porte-à-porte par le parti communiste et le parti gaulliste à l'époque, c'était déjà un peu ça ! On l'a perdu de vue et ce qui est singulier dans la démarche de Macron, c'est qu'il remet au goût du jour une forme d'engagement citoyen, de militantisme de proximité."

Le problème d'Emmanuel Macron, c'est que 2017 c'est peut-être un peu trop tôt, mais aussi un peu trop tard par rapport à ses propres impatiences.

Emmanuel Macron brûle les étapes. Banquier d’affaires il y a encore  quatre ans, conseiller de François Hollande, et enfin ministre depuis deux ans : sa progression fulgurante agace. Surtout que l’homme est glouton et ne se contente pas de ses sujets. Il marche sur les platebandes de ses camarades… La semaine dernière, en déplacement dans une entreprise du Pas-de-Calais après le Brexit, il s’est même aventuré en terre hostile en parlant des fameux accords du Touquet, face à un Xavier Bertrand  qui n’en demandait pas tant.

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Réécoutez le face à face entre le président des Hauts de France et le ministre

Par Cyril Graziani

La solidarité gouvernementale, un vaste sujet pour Emmanuel Macron. Ses collègues ne cachent plus leur agacement, y compris publiquement. Surtout que le 12 juillet, il s’apprête à tenir son premier meeting en qualité de leader de son mouvement politique. Deux jours avant le 14 juillet et donc la traditionnelle interview du président de la République.

Ce qui fait dire ironiquement à Manuel Valls : "Moi j’ai fait un meeting le 13 juillet 2013 , je suis devenu Premier ministre. Le 12 juillet c’est petit joueur : il aurait pu faire ça le 14 au petit matin".

C’est à se demander si parfois le mouvement d'Emmanuel Macron n'est pas plus "En marge" que "En marche".

► ► ► REVOIR | Le 8 mars, le ministre de l'Économie était l'invité du 7/9 de Patrick Cohen

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