Les indépendantistes bretons étaient ces dernières années plus discrets que leurs collègues corses et basques. Mais le tout nouveau collectif Dispac'h entend bien donner un coup de jeune au mouvement.

Drapeau breton lors d'une manifestation à Paris en 2018
Drapeau breton lors d'une manifestation à Paris en 2018 © AFP / Gérard Houin / BELGA MAG / BELGA

Pour se faire connaître, ils ont choisi une bataille : les résidences secondaires sur le littoral, qui selon eux dépossèdent les bretons d'une partie de leur territoire. Une bataille à coup d'autocollants rouges et blancs, placardés sur des volets clos en mars dernier, pour dénoncer "l'exil" de la jeunesse bretonne. 

A Ploubazlanec (Côtes-d'Armor), une commune touristique sur la côte, 34 % des logements sont des résidences secondaires. Mais la mairie assure que, si les jeunes couples ont un temps été exclus du littoral, ils peuvent de nouveau depuis quelques années, accéder à la propriété près de la mer car les prix de l'immobilier ont chuté. 

Mais le problème soulevé par le collectif Dispac'h est bien plus large que celui des résidences secondaires. Ces logements sont pour les militants (une cinquantaine, tous âgés d'une vingtaine d'années), le symbole des inégalités, et de la "touristification" du littoral breton, qui nourrit la précarisation d'une partie des travailleurs : les saisonniers. 

Dispac'h se revendique de gauche, révolutionnaire, anticapitaliste, féministe et écologiste. Ils n'ont pas de programme aussi précis qu'un candidat à l'élection présidentielle, mais défendent le principe d'une démocratie qui se construit à l'échelle locale voire ultra locale, pour que les revendications populaires soient entendues. L'indépendance de la Bretagne est donc pour eux non seulement la préservation d'une partie de leur identité, mais surtout la possibilité de défendre un projet de société à une échelle régionale.

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