Un reportage signé Franck Cognard, en direct de New York, aux Etats-Unis, avec Jean-Pierre Pernel Nouvelle comparution devant la justice new yorkaise aujourd’hui pour Dominique Strauss-Kahn. Cette fois, il devra officiellement signifier au juge s’il plaide coupable, ou non, des sept chefs d’inculpation pour lesquels il est poursuivi, dont tentative de viol, agression sexuelle et séquestration. Dominique Strauss-Kahn va plaider non coupable, ses avocats l’ont annoncé, et cette audience marque surtout le début d’une nouvelle étape judiciaire. Avec cette courte audience, on entre dans l’étape de la "discovery", c'est-à-dire que défense et accusation peuvent maintenant s’échanger leurs éléments à charge et à décharge. Elles peuvent toutefois garder des petits ou gros secrets jusqu’au procès. Mais avec la discovery, précise l’avocat new yorkais Nathaniel Muller, s’enclenche aussi l’affrontement médiatique pour, s’il y a procès, conditionner les futurs jurés. Interview de Maître Nathaniel Muller Du côté de l’accusation comme de la défense, on va donc très vite commencer à préparer médiatiquement le procès. Toutefois, un accord entre défense et accusation peut intervenir à n’importe quel moment afin d’éviter le procès pénal. - En coulisses se prépare aussi déjà un deuxième procès -civil-, qui fixe le préjudice de la victime, par opposition au procès pénal qui fixerait, lui, une peine ou un acquittement pour DSK. C’est pour cette raison qu’on a appris, il y a deux semaines, que deux avocats réputés se rangeaient aux côtés de la femme de chambre. L’un d’eux s’appelle Norman Siegel, figure de la défense des droits civiques. Que vient-il chercher dans cette affaire ? Réponse de Kevin Mac Carthy, autre avocat new yorkais. Interview de Maître Kevin Mac Carthy - Le pourcentage, la part de l’avocat, peut aller jusqu’à 30% d’indemnités. Autre question, toujours sur les coulisses : est-ce que secrètement, l’équipe de DSK peut payer la femme de chambre pour qu’elle se rétracte ? On soupçonne que c’est ce qui s’est passé dans une autre affaire célèbre, qui concerne le basketteur Kobe Bryant. Sa victime a retiré son témoignage au dernier moment et l’accusation s’est retrouvée sans rien. Car devant la justice américaine, la victime n’est pas une victime au sens français, elle n’est pas partie civile, elle est le témoin principal de l’accusation. Pour autant, la pénaliste Tonie Messina ne croit pas à ce genre d’arrangement. Elle a expliqué pourquoi à Anne Lamotte. Interview de Tonie Messina Mais le point qu’il faut avoir présent à l’esprit, c’est qu’à partir d’aujourd’hui, et qu’à n’importe quel moment, peut intervenir le "plea bargaining", un accord entre DSK et le parquet de New York, un marchandage sur une peine en échange d’une reconnaissance de culpabilité, afin d’éviter d’aller au procès. C’est ainsi que se terminent 90% des affaires aux Etats-Unis.

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