Chez « ma tante », c’est le surnom donné à ce Mont-de-Piété devenu le crédit municipal de Paris. L'institution a plus de 2 siècles. Elle est surtout connue pour le prêt sur gage, une pratique qui peut paraître désuète et pourtant, « mettre au clou », comme on dit, est une solution aux fins de mois difficiles. C’est dans la salle principale du prêt sur gages que l'on attend son tour pour déposer, des bijoux essentiellement. Il y a 90 000 boîtes, mais aussi des vêtements, de l'argenterie, des tableaux. Une salle plutôt sombre, pas des plus accueillantes, mais ce matin-là, comme tous les jours, ils sont des dizaines à attendre. Le principe du prêt sur gage, c'est une forme de crédit, qui passe par la signature d'un contrat d'un an. L'idée, c'est donc de déposer un objet de valeur, au minimum 30 euros. Après expertise, on peut bénéficier de la moitié de sa valeur et repartir rapidement avec du liquide. C'est un service, qui n'est pas gratuit. Pour récupérer son bien, il faut payer la somme prétée au départ, plus les intérêts (entre 7 et 14% pour les objets les plus chers). Myriam vient au crédit municipal de Paris pour la deuxième fois. Elle a 72 ans et touche une retraite de 900 euros. Si elle vient ici, c'est qu'elle a besoin d'argent pour se soigner (interview). Entre 500 et 700 personnes viennent chaque jour. On vient au crédit municipal en dernier recours. Soit parce que la banque refuse un prêt - on estime que 10% des Français n'y ont pas accès ; soit parce qu'il y a sur-endettement ; ou encore parce que les revenus sont tout simplement trop faibles. L'activité de la plus vieille institution financière de Paris est en augmentation, explique Bernard Candiard, le directeur général (interview). Ces objets sont récupérés dans 93% des cas. En moyenne, un an et demi après la mise en gage. Ce qui n'étonne pas Mickael, qui travaille au guichet depuis 3 ans. Il voit à quel point ces objets sont importants pour leurs propriétaires, mais il constate qu'ils n'ont plus le choix (interview). Et devant le guichet, on trouve Aziza et sa fille (interview). Ses colliers et pendentifs sont expertisés. Une heure tout au plus et Mickael, le guichetier, la rappelle pour lui donner la somme à laquelle elle peut avoir droit. Son histoire est loin d'être isolée, si l'on se fie à un document de la cour des comptes en 2005. Selon lui, le crédit municipal de Paris reflète, en les amplifiant, mais reflète, les mouvements conjoncturels de notre économie. Un reportage de Vanessa Descouraux.

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