On vote aujourd’hui en Grande-Bretagne pour élire un nouveau parlement, et par contrecoup, désigner le nouveau Premier ministre. Quel que soit le nouveau locataire de Downing street, il va devoir gérer une situation dégradée économiquement, mais aussi socialement. Les grèves sont-elles de plus en plus nombreuses ? Pendant le deuxième mandat de Tony Blair, il n’y a eu qu’une grève. Une grève des pompiers. Or si l’on prend les premiers mois de cette année, on a eu une grève à la poste, une à Bristish Airways, une des cheminots annulée par la justice, sans parler d’une récente manifestation des retraités. Alors oui, on sent monter la colère, comme en témoigne Nigel Ross, qui est cheminot à Glasgow en Ecosse (interview). Le stéréotype d’une Grande-Bretagne à l’opposée d’une France engluée dans ses mouvements sociaux prend un peu de plomb dans l’aile. Et l’opinion publique aussi évolue à l’égard des grèves, comme le remarque cette employée de British Airways (interview). Ce qui est frappant, c’est que ces mouvements repartent, alors qu’il est toujours très difficile de se mettre en grève. Il faut savoir que les lois antisyndicales votées sous Thatcher sont toujours en vigueur. Des lois qui sont les plus restrictives de tous les pays occidentaux. Ecoutez ce qu’en dit Philippe Marlière, qui est professeur de sciences politiques à Londres (interview). Une soupape semble se soulever. Ce qui nous rappelle qu’il y a une culture britannique de la contestation qui avait été occultée par la prospérité. C’est ce que pense Alex Gordon qui préside RMT, le syndicat des transports (interview). Et le problème c’est quel que soit le nouveau gouvernement, on sait qu’il va prendre des mesures d’austérités. Le malaise pourrait donc s’accroître. Et pour Jonathan Fenby, journaliste à « The economist », ce n’est pas sans risque (interview). _____ Un reportage de Jacques Monin.

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