Deux cabinets d'intelligence economique font actuellement l'objet d'une enquête judiciaire. On a découvert, il y a 15 jours, qu'ils avaient eu recours à des méthodes illégales pour fournir des informations à l'ex DCN, groupe d'armement français. Des méthodes illégales mais visiblement courantes dans le milieu des barbouzes français. Comment sortir de cette hypocrisie ? On remonte deux ans en arrière, en région parisienne. La justice vient d'arrêter un commissaire en exercice et des gendarmes qui sont dans le renseignement privé. Le policer est mis en examen pour corruption et violation du secret professionnel. Il s'appel Hubert MARTY-VRAYANCE. Il reconnait avoir sorti un extrait de casier judiciaire et avoue avoir touché une envelope de 1000 euros. Il dénonce aujourd'hui l'hypocrisie qui entoure les pratiques du renseignement (interview). Et tout ça, on le découvre quand les juges visitent l'arrière cuisine des groupes d'armement. Récemment, deux affaires sont venues déballer les méthodes souterraines. La première s'appelle « couper les ailes de l'oiseau ». C'est une formidable, voire rocambolesque tentative de destabilisation entre MATRA et THOMSON, au milieu des années 90. L'autre affaire est beaucoup plus récente. On l'a encore en tête. C'est Clearstream. On y apprend que Nicolas Sarkozy lui-même pense être victime d'une officine. On y voit le mélange entre intelligence économique et services secrets. ce que Herver SEVENO appelle les « relations incestueuses ». Herver SEVENO est un ancien policier. Il est aujourd'hui patron du cabinet d'intelligence économique I2F. Il a été entendu par les parlementaires à l'époque où ils planchaient sur une structure de contrôle du renseignement. Et dans sa salle d'attente, on voit un des bouquins écrit sur la chambre de compensation Clearstream (interview). Et si la France veut faire le ménage, c'est maintenant ou jamais. Depuis cet été, les parlementaires ont créé leur délégation au renseignement. Les services secrets sont en train de se réorganiser. La DST et les RG vont se rapprocher, avec un travail important sur l'intelligence économique. Bernard CARAYON attend beaucoup de cette nouvelle structure. Il est deputé, auteur du rapport qui a inspiré à la création de la délégation parlementaire (interview). On est peut-être à un tournant. Peut-être. Le nouveau patron de la DST est un homme qui connait bien le sujet et qui est très respecté dans le milieu. L'idée c'est de s'inspirer peut-être des anglo saxons qui travaillent avec le privé, mais sans hypocrisie. Une enquête signée Etienne Monin.

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