la france présente son pacte de cyberdéfense
la france présente son pacte de cyberdéfense © reuters

Comment se défendre contre l’espionnage sur Internet ? L’affaire Snowden a provoqué une brutale prise de conscience : nos communications sont très vulnérables. Le gouvernement met les bouchées doubles pour protéger les réseaux et les intérêts français.

Les attaques informatiques ont changé de nature. Il n’y a pas si longtemps les pirates montraient leur "talent" en attaquant en priorité l’Etat et ses secrets. Pour certains, ces attaques ont même permis un recrutement au sein des plus grandes agences de renseignement. Désormais, les sites d'entreprises ne sont plus à l'abri. Ils sont eux aussi bombardés de cyber-attaques.

Jean-Michel Lagarde, président de Thalès Communication and Security

Avec un peu de retard, la France a sonné le tocsin contre l’espionnage informatique. Elle a recensé 200 Opérateurs nationaux d’Importance Vitale, qu’il faut protéger. Lorsqu’un méchant système s’introduit clandestinement dans les ordinateurs d’une de ces entreprises, c’est l’ANSSI qui est appelée au secours, l'Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d'Information. Cette agence de cyberdéfense veille nuit et jour. Quand il y a le feu, elle envoie ses grosses têtes en informatique.

Patrick Pailloux, le directeur de l’ANSSI

En 2012, l’Elysée a été attaqué. La France a soupçonné les services secrets américains. L’an dernier, l’ANSSI a traité près de 30 attaques majeures. Son directeur, Patrick Pailloux vient d’être nommé à la tête de la direction technique de la DGSE. C’est le nouveau « Mr. Grandes Oreilles » des services secrets français.

L'armée se met à jour

L’armée aussi a décidé de sérieusement « durcir » son bouclier contre les pirates informatiques. Le ministère de la Défense a prévu de recruter plusieurs centaines d’ingénieurs de haut niveau. Il ne s'agit plus seulement d'actions « défensives », mais « offensives ». «

Avant, on avait pas mal de pudeur, reconnaît un responsable de la Défense, maintenant on ne cache plus que le cyber est devenu une capacité d’attaque à part entière.

La guerre informatique est-elle déclarée ? Concrètement qu’est-ce que ça veut dire ? Réponse du cyber-chef, à l’état-major des Armées.

Le contre-amiral Arnaud Coustillière

L’amiral reste discret, mais on comprend bien qu’il faut s’introduire dans les ordinateurs ennemis, pour faire du sabotage par exemple. Est-ce à dire que la France ne s’interdit rien ? Que l’armée va fabriquer des virus ? L’amiral Coustillière préfère parler « d’arme informatique ».

Le ministère de la Défense emploie aujourd’hui 1.400 cyber-combattants.Il y a désormais, pour chaque opération militaire, un cadre cyber, et tous les officiers sont appelés à se former.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.