Zyed et Bouna sont morts en fuyant un contrôle de police
Zyed et Bouna sont morts en fuyant un contrôle de police ©

Dans dix jours, la justice française va ouvrir un procès qui aura mis dix ans à pouvoir se concrétiser : celui des policiers qui poursuivaient les jeunes Zyed et Bouna, les deux adolescents morts électrocutés en 2005.

Leurs morts dans un transformateur de Clichy-sous-Bois avait déclenché trois semaines d'émeutes dans les banlieues françaises. Quelque 274 communes étaient touchées. Le gouvernement avait même décrété l'état d'urgence.

Dix ans après, la justice française va enfin ouvrir le procès des deux policiers qui poursuivaient ces jeunes et qui sont soupçonnés de ne pas avoir fait le nécessaire pour éviter leur mort tragique.

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Rien n'a changé ou presque

Mais au-delà du parcours judiciaire, le drame de Clichy-sous-Bois avait surtout révélé une situation sociale désastreuse. D'où des investissements massifs dans les années qui ont suivi : l’Etat a lancé l’un des programmes de rénovation urbaine les plus ambitieux, 650 millions d’euros pour transformer tous les quartiers sensibles du Plateau de Clichy-sous-Bois-Montfermeil.

Sauf que ce qu'on appelle "le Bas Clichy" n'a absolument pas bougé. Dans la copropriété du Chêne Pointu, d'où étaient parties les émeutes, 6 000 habitants se partagent 1 500 logements, la plupart sont des locataires, et les quelques propriétaires vivent sous le seuil de pauvreté. En parallèle, des marchants de sommeil alimentent la sur-occupation des lieux.

Trois raisons à ce statu quo :

  • Le manque d'argent, puisqu'il était bien trop cher de rénover l'intégralité des quartiers de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil

  • La politique, puisque Montfermeil était prioritaire, avec la rénovation des Bosquets, emblématique de l'échec des banlieues dans les années 90

  • Le droit, l'État n'ayant pas les outils juridiques pour prendre le contrôle de ces énormes copropriétés, en faillite certes, mais privées. Elles sont majoritaires à Clichy-sous-Bois

Restent toutefois des raisons de rester optimistes. Depuis l'automne, le gouvernement a lancé sa première opération de requalification des copropriétés dégradées (ORCAD) pour le Bas-Clichy. L'État peut désormais racheter les logements pour les rénover. Mais il faudra également lutter contre l'enclavement de ces quartiers, où le chômage est à 24 %.

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