Aux Etats-Unis, les élections parlementaires de mi-mandat présidentiel se dérouleront demain. Elles sont destinées à renouveler la chambre des représentants et 1/3 du Sénat. Les sondages sont très défavorables à Georges Bush. Environ 40% des personnes interrogées lui font confiance. C’est le plus bas niveau pour un président américain avant une élection de mi-mandat depuis 50 ans ! Cette semaine Fabienne Sintès a sillonné les états du middle Ouest américain. Elle a traversé l’Indiana, l’Illinois et le Missouri. Des états « rouges » comme on dit, traditionnellement républicains. Alors est-ce qu’on doute, ici, autant que dans le reste du pays ? Est-ce que dans ces états tradionnalistes et religieux qui faisaient le socle de l’électorat de Georges Bush, on remet fortement en cause le président américain ? Bien sûr qu’ici on doute et bien sûr qu’ici aussi, à des centaines de kilomètres du centre du pouvoir, c’est AUSSI la guerre en Irak qui est dans toutes les conversations. Ici comme ailleurs, nous sommes dans une Amérique parfois en colère, parfois en proie au doute, en tout cas très divisée. Ce qui est remarquable c’est que dans l’Indiana par exemple, 7 représentants à la chambre sur 9 sont républicains, et cette fois 3 scrutins sont en balance ! C’est du jamais vu ! D’ailleurs Georges Bush n’est pas fou, c’est ici qu’il a commencé sa campagne sur le terrain, ici qu’il a tenu son premier grand meeting, chez son ami Mike Sodrel, du 9ème district. Mais imaginez qu’en 2002, lors des dernières élections législatives non couplées avec des présidentielles, Georges Bush avait commencé à sillonner la campagne dès le mois d’août. Fin octobre il avait déjà fait 8 meetings. Cette fois, même si désormais il se montre, il a beaucoup tardé. Dans le district voisin de celui de Sodrel, le républicain sortant, un type très iconoclaste au coude à coude avec son challenger républicain, on a fait savoir à Bush qu’il n’était pas le bienvenu. Robert Dion est professeur d’histoire américaine à l’université d’Evansville, au sud de l’Indiana (interview). Que répondent les candidats démocrates lorsqu’ils sont interrogés sur la question de la guerre ? En général, dans les endroits isolés comme Evansville, c’est la question la mieux esquivée ! Vous savez que les démocrates sont divisés sur la conduite à tenir en Irak, entre ceux qui sont partisans d’un retrait immédiat et ceux qui pensent que ce serait irresponsable et prônent un retour progressif des troupes sans pour autant avoir un plan très bien établi. La parade, dans des endroits reculés comme Evansville, c’est de rivaliser d’un candidat à l’autre, d’idées pour soutenir les vétérans. Il suffit de dire qu’on court à la catastrophe pour trouver sinon un écho en tout cas une approbation, parce que la guerre, et c’est probablement la différence notable avec 2004, elle n’est plus du tout virtuelle pour ces gens là. Ce ne sont pas des morts à la télévision, ce sont les jeunes de la maison qui meurent, Evansville a enterré l’un d’eux il y a quelques jours. Lesly Walker est tout au nord de l’état à South Bend, dans un district là aussi en difficulté pour le candidat républicain (interview). Bill Clinton et Barak Obama se sont déplacés en Indiana. Georges Bush, sa femme, sa mère et Dick Cheney ont fait de même pour lever près de 3 millions de dollars pour les républicains, ce qui reste très inférieur cependant aux moyens démocrates. Avec aussi, en guise d’argument supplémentaire, une campagne de publicité très agressive tournée vers les valeurs morales. Et c’est le nerf de la guerre dans des Etats aussi religieux, aussi attachés à la famille, aussi anti avortement, aussi choqués par le mariage homosexuel... C’est ça qui a fait la différence en 2004. Les valeurs morales ont été le socle de l’élection de Georges Bush. Et puisque les démocrates aussi, dans des endroits comme ceux là, s’affichent contre l’avortement et pour le port d’arme par exemple, on a agité pour les électeurs le chiffon rouge, l’accession à la tête de la chambre de Nancy Pelosi, l’ultra libérale. L’argument marche plutôt bien auprès de certains, auprès de Van Rumsek (interview). Il ne faut pas négliger ce facteur là. L’avortement fait l’objet de référundums dans 8 états. Certaines organisations très religieuses, comme Focus on the familly dans le Colorado et d’autres ont annoncé leur intention de ne pas voter. Mais quand c’est si difficile de se faire une opinion avec les messages contradictoires sur la guerre, ou sur le terrorisme, les gens ont tendance à se raccrocher à ce qui leur tient à cœur, ce qu’ils maîtrisent. Les matraquages publicitaires autour du mariage homo et de l’avortement ou des cellules souches sont là pour ça. C’est avec ça que les gens se déterminent parfois. Un dossier de Fabienne Sintès, en direct de Washington aux Etats-Unis.

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