Au Maroc, les élections législatives de demain sont les deuxièmes sous le règne du roi Mohammed VI. Les Marocains vont élire leurs 325 députés. La campagne a confirmé la montée en puissance des islamistes modérés du PJD, grands favoris du scrutin. Les islamistes ont le vent en poupe, à tel point que le Parti de la Justice et du Développement, le PJD, a toutes les chances de devenir la première force politique du royaume. En 97, les islamistes avaient obtenu 9 sièges. Ils en ont rafflé 42 en 2002. Cette fois-ci, ils pourraient passer la barre des 70 députés. Le PJD se définit comme un parti « islamiste modéré ». Il fait tout pour rassurer, quitte à mettre en sourdine son côté islamiste. C’est toute la difficulté pour cerner ce parti dont le modèle politique est celui des islamistes Turcs. Quand vous rencontrez un responsable du parti et que vous abordez la place de la religion dans le programme, il esquive et embraye immédiatement sur la thématique de la bonne gestion des affaires publiques. Abdelillah Benkirane est le président du PJD (interview). La lutte contre la corruption est au centre du programme du PJD. Et il y a aussi le travail social auprès des plus démunis. Comme tous les partis islamistes, modérés ou pas, le PJD a une ambition de justice sociale, et s’investit dans les quartiers populaires et les bidonvilles, car son électorat se concentre surtout en zone urbaine. Il a conquis notamment la municipalité de Meknès. Nous avons suivi un candidat sur le terrain. Dans le bidonville de Hay Mohamedi, un candidat PJD, interpelle un habitant pour l’inciter à voter (son). Derrière les beaux discours, le PJD suscite beaucoup d’interrogation sur ses objectifs réels, même s’il joue la carte de la légalité. Ses adversaires, notamment le camp laïc, libéral et démocratique, l’accusent d’avancer masqué. C’est en tout cas l’avis d’Omar Rarbaoui, un candidat de l’Union socialiste des forces populaires, parti de centre gauche. Si les islamistes du PJD l’emportent, que vont-ils faire de leur victoire ? Leur marge de manœuvre sera dans tous les cas limitée. Ils devront composer une alliance au parlement avec d’autres forces politiques. Ils auront des équilibres budgétaires à respecter. Bref, ils n’auront pas les coudées franches, estime Fadel Agoumi, patron de l’hebdomadaire « La Vie Eco » (interview). Un dossier de Christian Chesnot, en direct de Casablanca au Maroc, envoyé spécial pour les élections législatives.

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