**C'est dans un climat d'emballement sécuritaire que le Sénat examine demain la Loppsi, la loi d'orientation et de performance pour la sécurité intérieure. Cette Loppsi est-elle un peu la doctrine policière des années à venir ? Doctrine et boite à outils... Doctrine parce que le gouvernement présente des amendements liés aux récents faits divers, on est là dans l'idéologie sécuritaire : durcissement des peines pour les tueurs de flics, peines planchers pour les violences aggravées, contre les personnes âgées par exemple, couvre feu des mineurs ou facilitation d'expulsion de squatteurs... Des mesures contestées : "Produit promotionnel, texte de circonstance", dénonce par exemple le PS. Et pour la boite à outils ? Il y a polémique sur certains outils aussi, la vidéosurveillance, que le gouvernement veut rebaptiser vidéoprotection (vive la sémantique) sera généralisée... L'idée est d'arriver à près de 100 000 caméras sur la voie publique d'ici un an. Et certaines des dispositions contenues dans ce volet inquiètent. Jean Claude Vitran, de la Ligue des Droits de l'Homme, en donne quelques unes (interview) Et on sait également aujourd'hui que les caméras n'empêchent pas quelqu'un de passer à l'acte... Dans ce catalogue de mesures, il est beaucoup question de nouvelles technologies, d'internet...Il s'agit d'une remise à niveau. Par exemple dans la lutte contre la pédopornographie sur Internet, le gouvernement veut élaborer une liste noire de sites qui vendent ou échangent des images pédophiles, charge ensuite aux opérateurs Internet de bloquer ces sites. Intention louable, mais ce blocage sera inefficace et même dangereux, plaide Jérémy Zimmerman, porte parole du collectif la quadrature du net (interview) Toujours au rayon nouvelles technologies, la police pourra désormais, sous le contrôle d'un magistrat, placer un ordinateur sous mouchard, comme on place un téléphone sur écoute. C'est-à-dire que tout ce qui passe par un écran, tout ce qui est frappé sur un clavier pourra être vu et enregistré par des enquêteurs. Autre sujet qui inquiète, le croisement de certains fichiers de police dont on sait que tous ne sont pas fiables, loin de là...La CNIL pointe régulièrement les erreurs et les dérives de ces fichiers. Même un organisme du ministère de l'Intérieur a admis qu'au moins 30% des millions de noms qui figurent dans ces fichiers sont inscrits par erreur. La LDH craint que croiser ces fichiers donne un nouvel Edvige. Vous vous souvenez de la polémique à propos de ce fichier qui recensait des données sur la santé, l'orientation sexuellen etc. Le ministère de l'Intérieur le jure, le croisement des fichiers ne servira pas à tous nous fliquer. Gérard Gachet, porte parole de la place Beauvau (interview) Rendez-vous jeudi dans Le Téléphone Sonne pour poursuivre le débat sur la Loppsi. _____ Par Franck Cognard.**

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