Le rapport commandé par la secrétaire d'État Marlène Schiappa sur les violences obstétricales pousse les patientes à témoigner et les professionnels à se remettre en question.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses femmes livrent le sentiment d'avoir été peu de choses au moment de l'accouchement, tant elles s'estimes maltraitées par leurs praticiens.
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses femmes livrent le sentiment d'avoir été peu de choses au moment de l'accouchement, tant elles s'estimes maltraitées par leurs praticiens. © AFP / AMELIE-BENOIST / BSIP

C'est une polémique qui a fait beaucoup de bruit cet été. Les violences obstétricales ont défrayé la chronique, après que la secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a commandé un rapport sur le sujet.

Le débat existait sur internet depuis pas mal de temps déjà. Épisiotomie à vif, manque d'empathie, patientes mal ou non informées, respect de la pudeur bafoué... Les internautes sont nombreuses, sur les réseaux sociaux, à partager leur expérience depuis début 2017. Elles évoquent toutes, comme d'une même voix, ce sentiment d'avoir été réduites à pas grand chose pendant l'accouchement.

Marie-Hélène Lahaye fait partie de ceux qui ont permis que la parole se libère. Dès 2013 dans son blog, "Marie accouche là", cette mère de famille bruxelloise publie son expérience et ses réflexions sur le thème de l'accouchement. Et très vite, elle a reçu quantité de mails.

Des professionnels blessés par les plaintes, mais qui se remettent en question

Face à ces accusations, les obstétriciens se disent évidemment peinés, blessés. Mais les sages-femmes ont toutefois immédiatement soutenu la démarche de la secrétaire d'État.

"La relation avec la patiente peut largement s'améliorer" reconnaît Sophie Guillaume, la présidente du collège national des sages-femmes. Ce sujet des violences est d'ailleurs au programme du prochain colloque de l'institution. Et les sages-femmes sont nombreuses à préciser modifier leur façon d'aborder les patientes en consultation.

Des moyens et un label de qualité

Les soignants insistent malgré tout sur un point : pour prendre le temps avec les patientes, il faut des moyens, du personnel. Or, les hôpitaux en ont de moins en moins.

De plus, le médecin maltraitant n'est pas un mythe. Le président du collège des gynécologues, Israël Nisand, estime que cette pratique concerne moins de 5% de la profession mais "c'est déjà trop". Il propose donc la création dans les maternités d'un label de qualité qui permettrait aux femmes de savoir réellement où elles vont quand elles accouchent.

Pour mettre en place ce label, Israël Nisand en appelle au soutien des pouvoirs publics : s'il y a une vraie volonté de l'État, ce label pourrait d'après lui voir le jour assez vite.

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