Gros plan sur la façon dont Israël est devenu un pays en pointe dans la gestion et l’économie de l’eau.

Le centre de recherches agricoles Volcani dans le désert du Néguev en Israël
Le centre de recherches agricoles Volcani dans le désert du Néguev en Israël © Radio France / Etienne Monin

Selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), dans sept ans, la moitié de la population mondiale vivra dans un secteur ou l’eau risque de manquer. Israël a donc misé sur la production et l’optimisation de l'eau pour assurer son avenir. Et ses techniques de pointe s’exportent dans le monde entier.

L’eau en Israël, une histoire ancienne et vitale

Le désert du Néguev est à la fois une mine d’or et une colonne vertébrale dans le domaine de l’eau en Israël. Il fait 35 degrés. Une importante usine, pleine de machines outil produit un système d’irrigation, qui fonctionne au goutte à goutte, pour économiser drastiquement la consommation en eau. Il a été inventé il y a 40 ans. Dans le kibboutz Hatzerim par l’entreprise Netafim devenue depuis une multinationale.

Shelo Tunik est pionnier dans cette aventure :

Quand on a commencé ici dans le kibboutz, on avait une seule machine à injection. Maintenant, on produit un million de pièces par jour. 

Pour comprendre l'histoire de l'eau en Israël, il faut remonter aux origines. Jack Gilron est chercheur au Zukerberg Institute :

On a pris le sujet en main au tout début. Au moment ou on s’est mis à envisager de s’installer dans la région désertique du Néguev. Avant la création de l’État d’Israël. 

Depuis, la politique d’Israël repose sur deux piliers que sont la production et l’économie de l’eau. Cinq usines de dessalement ont été construites ses dernières années. Et une industrie pour contrôler cette eau s’est mise sur pieds petit à petit.

Shelo Tunik :

Autour de notre idée, une grande industrie a émergé, avec des valves automatiques, des contrôleurs automatiques, des filtres automatiques. C’est devenu l’agriculture numérique. 

Ce chercheur qui tente de faire parler les amandiers

Dans le Néguev, au milieu du sable et de la roche couleur ocre, Alon Bengal tente de faire parler les amandiers. Il est chercheur pour l’institut Volcani dans le domaine de l’irrigation. L’institut Volcani soutient l’agriculture en cherchant notamment à optimiser l’utilisation de l’eau. Dans le Néguev, le centre recueille des informations sur les besoins des arbres. Même l’eau salée est devenue exploitable. 

On dépense beaucoup de temps et d’énergie pour acquérir des connaissances qui vont permettre de prendre des décisions. On doit savoir comment mettre le sel de côté, l’écarter des racines, là ou la plante est la plus sensible. 

Volcani, centre de recherches sur l'eau dans le désert du Néguev en Israël
Volcani, centre de recherches sur l'eau dans le désert du Néguev en Israël © Radio France / Etienne Monin

Mais le pays est rattrapé aujourd’hui par le climat. En raison des sécheresses à répétition, deux nouvelles usines de dessalement vont bientôt être lancées. 

Pour Uri Shor, le porte-parole de l’autorité de l’eau en Israel :

Ses cinq dernières années, le nord n’a presque pas eu de pluie. C’est totalement nouveau. Il faut s’adapter. Dans quelques années, on suppose que la situation sera encore différente. 

Produire de l'eau = indépendance

Israël compte doubler sa production d’eau dans un peu plus de dix ans, pour garantir son indépendance. Cinq usines de dessalement produisent 70% de l’eau potable en Israël.

IDE a construit la plus importante usine au monde par osmose inversée, le système de filtration qui permet de séparer les impuretés des molécules d'eau... Sorek fournit 20% de l’eau potable du pays.

86% des eaux usées sont recyclées pour l’agriculture.

L’entreprise Netafim qui a inventé l’irrigation au goutte à goutte emploie 4 000 personnes dans le monde. Elle a 19 usines dans le monde. Elle a été rachetée par le groupe chimique mexicain Mexichem en 2017. 

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