Débutons cette semaine consacrée à la randonnée sous toutes ses formes avec les stages de "jeûne et randonnée". On en trouve de plus en plus en France. Reportage à Port-Blanc (56)

Marcher pour mieux jeûner
Marcher pour mieux jeûner © Radio France / Rosalie Lafarge

De plus en plus d'organismes proposent des stages de "jeûne et randonnée" aux quatre coins de la France. Comme ici à Port-Blanc, dans le golfe du Morbihan.

Ces "stagiaires" ressemblent à n'importe quels marcheurs, le sac vissé au dos, la casquette, les chaussures bien lacées. La grosse différence – et elle est de taille - c'est qu'ils n'ont rien dans le ventre, un détail selon eux : "ce sont des idées reçues de se dire qu’on a besoin de trop manger pour fournir des efforts. On peut aussi se nourrir de belles vues", explique une marcheuse. "Il faut que le cadre soit sympa et on arrive à faire nos 12 kilomètres sans trop se trainer".

Aucun solide, que du liquide

12 kilomètres tous les jours, pendant une semaine, sans petit déjeuner, pour prendre des forces avant sans barre énergétique en cas de coup de barre sans pique-nique, sans rien de solide en fait. Juste un peu de jus de pomme dilué dans l'eau le matin, un bouillon le soir, de l'eau et de la tisane à volonté le reste de la journée et c'est tout. C’est suffisant selon Corinne, une sophrologue de 50 ans : "J’ai de la graisse comme beaucoup de monde, donc mon foie a compris qu’il fallait aller puiser dans les graisses pour me donner des calories pour avancer. On le sous-estime beaucoup notre corps. Je le compare à un super ordi tellement il est très précis et intelligent. On dit 'il faut que je mange sinon je vais m’écrouler' mais on ne mange pas par faim, mais par habitude en fait".

Et briser cette habitude, ça a du bon. Le faire en randonnant, c'est encore mieux. Christine Seimandi l'assure. Cette ancienne pianiste devenue diététicienne et nutrithérapeute organise les stages "jeûne et randonnée" à Port Blanc : "L’organisme va être obligé d’aller puiser encore plus dans les graisses et va protéger ses muscles par l’activité physique le cœur va battre plus vite et le sang circuler plus rapidement et va mieux évacuer les déchets".

Mais mieux vaut quand même le faire tranquillement "Et c'est pour ça que les 12 kilomètres quotidiens sont entrecoupés de pauses pour boire et souffler". explique Christine Seimandi " : ce n’est pas de la randonnée sportive ou on court après les performances, quand on jeune on a toutes nos capacités physiques mais on est un peu au ralenti, donc l’attention n’est pas très élevée. Il faut que le corps s’adapte, il peut être très endurant mais il ne faut pas faire d’efforts violents". Se dépenser doucement parfois sans autre bruit que celui de la nature

De plus en plus d'organismes proposent des stages de "jeûne et randonnée" aux quatre coins de la France.
De plus en plus d'organismes proposent des stages de "jeûne et randonnée" aux quatre coins de la France. © Radio France / Laëtitia Heuveline

"Parfois les gens sont dans leur intériorité"

Fabienne, ça lui permet de faire le vide. A 48 ans, cette réflexologue n'en est pas à son premier stage jeûne et randonnée : "tout devient plus clair, c’est un vrai nettoyage du corps et de l’âme, je me retrouve moi." Se retrouver, réconcilier son corps et son esprit, c'est le résultat recherché pendant cette semaine.

Christine Seimandi insiste : "tout le monde peut le faire". Elle reçoit des clients aux profils de plus en plus variés : "Avant c’était un peu réservée au naturopathes aux consommateurs de bio. Maintenant on trouve des chefs d’entreprise, des militaires, des gens qui bossent énormément toute l’année, qui n’ont pas un rythme et un alimentation saine et qui veulent éliminer tout ce qui est stress et toxines. Un vide mental autant qu’un vide physique et pour certains qui reviennent régulièrement, c’est une vraie pause, notamment du fait qu’il n’y a plus de repas, ça change les repères et les choses essentielles remontent à la surface."

Le concept venu d'Allemagne séduit de plus en plus

La Fédération francophone de jeûne et randonnée rassemble aujourd'hui une cinquantaine d'organisateurs agréés qui proposent des séjours tout au long de l'année Mais attention, jeûner n'est pas anodin. C'est d'ailleurs contre indiqué dans certains cas Pour les femmes enceintes par exemple, ou les personnes diabétiques.

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