Le Falcon français envoyé il y a 5 jours, dans l'espoir de ramener Ingrid Bétancourt, est toujours cloué au sol, sur l'aéroport militaire. Le gouvernement français et les proches de l'otage refusent de parler d'échec même si, pour le moment, il n'y a aucun signe encourageant. En Colombie, où la rumeur est reine, la seule certitude, pour l'instant, c'est l'absence de contact avec les FARC et c'est pourtant la clé. Pour bien comprendre le contexte, il y a une précision importante à apporter. C'est la notion du temps pour les FARC. Par exemple, l'état major des FARC s'accorde une communication par mois grand maximum. Donc toute prise de décision, tout processus est extrêmement lent. Pourquoi il limite les appels radio ? Parce qu'avec les moyens technologiques actuels, il est très facile de les localiser. C'est exactement comme ça que l'armée colombienne a repéré et tué Raul Reyes. Donc il y a une énorme méfiance dès qu'il s'agit de communiquer avec le monde extérieur. Et puis il y a le problème de l'interlocuteur. Avec qui nouer le contact ? C'est la question depuis la mort de Raul Reyes, numéro 2 des Farc, mais à cela s'ajoutent les problèmes d'organisation de la guerilla elle-même, problème de hiérarchie. On ne sait plus à qui s'adresser si ce n'est à l'intouchable ManuelMarulanda, le chef des FARC. On a aussi senti cette confusion avec le communiqué de Rodriguo Granda, assimilé à une fin de non recevoir. En fait, ce communiqué datait d'il y a 2 semaines. Il a été recyclé, republié, alors qu'il ne faisait même pas référence à la mission. Si l'on se fie aux mouvements de l'avion, on pourrait dire que la mission a échoué. Mais en fait, cet avion c'est presque anecdotique. Ce qui compte, en réalité, c'est le travail des négociateurs, le français Noël Saez et le suisse Jean-Pierre Gontard. Ils seraient en mission dans la jungle amazonienne, mais une fois encore, rien n'est confirmé. Ces hommes de l'ombre ont l'habitude de la jungle, de ces négociations. Ils ont déjà obtenu des libérations il y a plusieurs années. Sauf que dans ces cas précédents, ils travaillaient comme la situation l'exige, dans la discrétion et avec patience, ce qui loin d'être le cas en ce moment. Un reportage de Vanessa Descouraux et Laurent Lucas, en direct de Bogota en Colombie.

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