Comment l'école nationale de la magistrature intègre-t-elle l'effet Outreau ? La semaine dernière, la toute nouvelle promotion de magistrats a prêté serment devant le ministre de la justice. Ils sont les juges de demain. Ils entament leur formation alors que tout le monde en France s'interroge sur l'équilibre de la procédure pénale et le respect des valeurs fondamentales. Dans le jardin de l'école, on voit de très jeunes magistrats. Ils portent la robe noire pour la première fois, ils ont la toque et les gants blancs. Ils posent pour les photos avec leurs parents, leur famille, leurs amis. Ils ont l'air plus fiers et excités qu'inquièts pour la suite. Ils sont 250 auditeurs de justice dans cette promotion 2006. 80% de filles. La moyenne d'âge est d'un peu moins de 25 ans. Niveau moyen Bac + 5. Une personne sur deux, d'après un sondage, a fait une prépa privée. C'est un peu comme ça toutes les années, sauf que cette fois il y a en plus Outreau. C'est la première promotion à ressentir les effets de l'affaire. Les autres étaient passés au travers. NICOLAS BRACONNAIS à 23 ans. Il est futur magistrat et déjà très lucide (interview). Et cette promotion a aussi droit à la pression des médias. Elle a eu les honneurs de la presse. Avant le serment, des dizaines de journalistes viennent interroger les futurs magistrats. Et le ministre de la justice, Pascal Clément, leur tient un discours d'actualité. Il leur dit qu'ils auront eux aussi à retisser le lien de confiance avec les justiciables, qu'il leur faudra faire preuve de transparence, d'humanité, d'humilité de modestie. SANDRINE BRANCHE a 24 ans (interview). L'école nationale de la magistrature s'interroge régulièrement sur son enseignement. Depuis quelques années, elle revendiquait de former des techniciens du droit. Outreau remet le dogme en question. Le conseil d'administration devrait proposer de nouvelles pistes de travail d'ici moins d'1 mois sur l'enquête, la place des différents acteurs et le recueil de la parole dans les affaires de moeurs. Le directeur de l'école nouvellement nommé, MICHEL DOBKINE (interview). La formation des nouveaux magistrats va durer un peu moins de 2 ans et demi. Elle se fait moitié à l'école, moitié en juridiction. Elle a un très long tronc commun. Elle forme des généralistes. La spécialisation se fait sur la fin. Ces futurs magistrats seront en poste d'ici 2008. Un dossier d'Etienne Monin, spécialiste des questions police-justice à France Inter.

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