Un reportage signé Stéphane Leneuf "Les penseurs de la campagne", les Think Tank, appelés "réservoirs a penser", un terme un peu barbare pour désigner les cercles de réflexions. Quel rôle, quelle influence, comptent-ils jouer dans la campagne présidentielle ? Nous sommes allés à la rencontre de quelques uns d'entre eux. En France, ils sont à peine deux cents. Ces Think Tank fonctionnent sur le même principe : ils se définissent tous comme des laboratoires d'idées où ils font travailler des experts, rémunérés ou non, qui publient des études. Libre, après, aux politiques, de venir puiser dans ce vivier. Généralement, ils ne soutiennent pas officiellement un parti. Ils affichent plutôt une tendance politique. Exemple chez Terra Nova : mille experts y travaillent. On se définit comme un Think Tank qui soutient les idées progressistes. En fait, Terra Nova est l'une des boîtes à idées du PS. L'idée, par exemple, de la primaire chez les socialistes est venue de Terra Nova. A l'amorce de la campagne présidentielle, les Think Tank sont-ils aujourd'hui incontournables ? Ecoutez ce qu'en pense Olivier Ferrand, son président. Interview d'Olivier Ferrand Autre Think Tank qui affirme afficher des idées progressistes, mais cette fois plutôt libérales, donc de "centre droit", c'est Fondapol. Son directeur général, Dominique Reynié, revendique auprès des politiques un rôle d'expertise et de recommandation, mais en aucun cas il ne veut se substituer à un parti politique. Interview de Dominique Reynié Ce qui est intéressant, c'est d'analyser les rapports que tous ces clubs entretiennent avec les hommes politiques. Parce que traditionnellement, les idées sont censées sortir des têtes pensantes des partis, pour alimenter les programmes. Aussi, il y a quelques années, les Think Tanks étaient regardés un peu de haut par les hommes politiques. Désormais, quand on écoute Gilles Finkelstein, directeur de la Fondation Jean Jaurés, un proche de Dominique Strauss-Kahn, les choses ont évolué. Interview de Gilles Finkelstein Les politiques ne restent pas inactifs (eux aussi ont envie de prouver qu'ils sont capables d'avoir des idées). Au PS début 2009, Martine Aubry a créé un Think Tank interne au parti. A l'UMP, Jean-François Coppé a créé récemment un conseil des Think Tank. Et là, surprise : l'Institut Montaigne, dont le fondateur est Claude Bébéar, et donc qui n'a pas franchement la réputation d'être à gauche, a refusé d'intégrer ce conseil. Son directeur, Laurent Bigorgne, nous explique pourquoi. Interview de Laurent Bigorgne Je vous propose que l'on se retrouve à la fin de l'année, une fois que l'on connaîtra les programmes présidentiels, pour savoir où ont été prises les meilleurs idées.

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