C'est la guerre contre les médias qu'ont lancé certains sites de désinformation et de manipulation. Ils se font appeler sites de "réinformation".

Adolescent captivé par l'écran de son ordinateur
Adolescent captivé par l'écran de son ordinateur © Getty / Jo McRyan

Sur la toile, la guerre de l’information est lancée… ou faut-il plutôt parler de « réinformation » ?

Aurélien Coly avait prévu pour commencer de vous emmener à la cérémonie des Bobards d’Or, qui se déroulaient hier soir, à Paris. Mais interdiction absolue d’enregistrer la cérémonie, même sous le contrôle de son « accompagnatrice ». Il faut dire que ces Bobards d’or, c’est le palmarès « des plus grosses manipulations que le système médiatique aurait perpétré ». Par exemple : avoir défendu que la théorie du genre n’était pas enseignée en France, avoir occulté l’islamisation des banlieues ou avoir fait passer les migrants pour des victimes.

Derrière cet évènement, on retrouve la fondation Polémia, très active sur Internet. A sa tête, Jean-Yves Le Gallou, ancien cadre du FN. Il avait théorisé la préférence nationale, toujours au programme du parti aujourd’hui, sa croisade c’est ce qu’il appelle la « ré-information ».

En fait, sous couvert de « ré-information », on a une presse d’opinion, d’extrême droite, qui sape la légitimité des medias et prospère sur Internet.

Dans le jury ou le public des Bobards d’or, on retrouve les responsables des principaux sites de cet « écosystème virtuel » :

  • L’Observatoire des journalistes et de l’information médiatique, qui fiche les journalistes. Laurent Ruquier y est « le gay passe-partout », Harry Roselmack, « le gendre martiniquais idéal ».
  • Boulevard Voltaire et Novopress, qui produisent du contenu. Dépêche de Novopress, du 25 janvier : « Ben Hamon est-il le candidat des Frères Musulmans ? ».
  • TV Liberté : 1 million d’euros de budget, uniquement des dons. Journal quotidien de réinformation, entretiens, débats, avec les partisans de la droite dure. D’Henri Guaino à Marion Maréchal Le Pen, en passant par Eric Zemmour et Philippe de Villiers. Le patron de la WebTV s’appelle Martial Bild, encore un ancien du FN.

TV Liberté, 1,5 million de vues en décembre. Un journaliste de la chaîne est même cité comme source dans un rapport de l’IGPN sur la mort de Remi Fraisse, au barrage de Sivens. La fondation Polémia ou l’Observatoire des journalistes représente environ 160.000 visites mensuelles selon une étude d’octobre citée par Mediapart. Autant que les sites enmarche.fr ou melenchon.fr, deux fois plus qu’alainjuppe.fr.

Avec l’effet démultiplicateur d’Internet, ils parviennent à peser sur le débat public. Exemple : l’annulation du concert du rappeur Black M à Verdun, l’année dernière. Plus récemment, l'invention du terme "Ali Juppé" dont Jean-Yves Legallou revendique la paternité.

►ALLER PLUS LOIN | Comment lutter contre la désinformation ?

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.