Le développement touristique sur le continent africain vient de subir deux coups d'arrêt majeurs en l'espace de 15 jours. A l'Est, au Kenya une crise politique et interethnique secoue le pays. A l'Ouest, en Mauritanie, les risques d'attentats ont débouché sur l'annulation du rallye Dakar. Le Kenya, la Mauritanie : deux destinations très prisées par les Européens, aujourd'hui déconseillées. Ce n'est malheureusement pas un thème nouveau : tourisme et terrorisme ; tourisme et crise politique et interethniques. Pour un continent qui, sur 10 ans, n'a pourtant pas été frappé très souvent, loin de là, sur les destinations dites "grand public", par rapport à d'autres continent comme l'Asie. Mais il y a 10 ans justement. Et c'est ce qui a marqué les esprits. Le premier attentat d'envergure avec des touristes comme cible, c'était en Egypte (SON : Correspondance de Claude Guibal au Caire). Il y a eu l'Egypte puis la Tunisie ou encore le Maroc, qui pour l'instant, ont su maintenir leur économie touristique. Mais ces 3 pays n'ont rien à voir avec les moyens de la Mauritanie : ce qui s'est passé avec l'attaque des touristes français puis l'annulation du Dakar. C'est une jeune démocratie qui est sérieusement menacée. L'un des pays les plus pauvres, où le nombre de touristes en 2007 était passé à 10 000, dont 95% de Français. D'où le désarroi et la colère du ministre du tourisme Ba Madine, après l'annonce de l'annulation du Dakar. Un plaidoyer de plus de 20 minutes à Lisbonne (SON : Extrait recueilli par Julien Brigot, envoyé spécial à Lisbonne). Le terme de "capitulation" est utilisé par tous ceux qui n'ont pas compris l'attitude du Quai d'Orsay dans cette affaire, mais le Dakar est aussi très particulier. Ce qu'il faudra voir, c'est l'attitude au fil du temps des touristes classiques. Mohamed Sifaoui est l'auteur de « Combattre le terrorisme islamiste » publié chez Grasset (SON : Interview). La Mauritanie a été aussitôt rayée des destinations par les plus grands opérateurs français. C'est le cas également pour le Kenya après les affrontements sanglants à l'issue du scrutin présidentiel. Pour l'instant, ce ne sont que des suspensions provisoires mais elles ont été immédiates, ce qui n'était pas forcément le cas ces dernières années. René Marc Chikli est le président du CETO, le principal syndicat des tours opérators entendu ces derniers jours en pleine gestion de crise. Il explique aujourd'hui que ses adhérents n'ont de toute façon plus le choix (SON : Interview). Pour le Kenya, il y a malheureusement un précédent qui présente les mêmes caractéristiques où le provisoire dure des années : c'est la Côte d'Ivoire. Le club méditerranée par exemple a fermé du jour au lendemain. Et cela fait 5 ans maintenant que le pays n'est plus une destination grand public. Un reportage d'Emmanuel Leclère. _____LIVRE Mohamed Sifaoui, « Combattre le terrorisme islamiste » ed. Grasset.

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