Face à l'arrivée massive de boat people venus d'Afrique, le ministre de la justice et de l'immigration maltais lance un appel à ses partenaires européens pour qu'ils acceptent plus d'un millier de réfugiés. C'est le seul état de l'Union à placer systématiquement en détention les clandestins arrivés sur l'île ou repéchés dans ses eaux territoriales. Malte est-elle vraiment la forteresse Europe ? De par sa position en Méditerrannée, à 300 Km de la Tunisie et de la Lybie, Malte joue le rôle de brise lame de la vague d'immigration clandestine en provenance d'Afrique sur la route de l'Italie. Le plus petit état de l'U.E. avec 400 000 habitants, a reçu 11 000 nouveaux arrivants en 6 ans et ce chiffre pourrait rapidement doubler. Comment sont-ils reçus et traités ? Le gouvernement de centre droit est aux prises avec une législation européenne et applique à la fois une politique de fermeté - détention systématique des illégaux pendant 18 mois - et une politique de générosité - plus de la moitié des demandes d'asile sont acceptées. Une ONG distinguée par l'ONU qui s'appelle « Jesuit Refugee service » se bat pour sortir des camps, les femmes, les enfants et les plus vulnérables. Mais les récriminations montent à l'égard des Africains jamais renvoyés dans leur pays d'origine et pour cause. La plupart viennent de Somalie, un pays toujours en guerre. Les boat people que nous avons rencontrés nous ont dit que leur voyage n'était pas fini, qu'ils ne visaient pas Malte mais l'Italie. Ils se sentent comme dans une cage, contraints de rester dans un pays où les emplois se font rares, ensemble sous des tentes ou dans des conteneurs comme ceux qui bordent l'aéroport. Des immigrés sont notamment détenus dans une ancienne caserne transformée en centre de rétention, située le long de la piste de l'aéroport principal. Reportage de Philippe Reltien et Nicolas Mathias.

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Malte première terre européenne pour les boat people

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