C'était l'un des projets phares de Bertrand Delanoë : le 104, cité des arts implantée dans le 19ème arrondissement de la capitale. Un an après son ouverture, le 104 se cherche une nouvelle direction. Avec une rénovation à 100 millions d'euros et un budget annuel de 8 millions d'euros, on attendait une explosion de créativité, d'animation, dans un quartier populaire, mais ça ne marche pas, ou plutôt, ça a du mal à démarrer et avant d'évoquer les raisons de la crise actuelle, Nasser Madji a bravé le froid hier, pour aller à la rencontre des habitants-utilisateurs du 104, car il faut bien le dire, le lieu est assez glacial en ce moment et les avis sont très partagés (interview). Les deux directeurs ont jeté l'éponge en novembre dernier – la mairie lancera d’ailleurs un appel à candidature la semaine prochaine. Et ils ont eu de vifs propos avec la ville de Paris. Les metteurs en scène Frédéric Fisbach et Robert Cantarella voulaient 2 millions d'euros suplémentaires et Bertrand Delanoë a dit niet, exigeant au contraire des comptes équilibrés, ce qui n'est pas le cas. Aujourd'hui, les échanges sont plus courtois, chacun fait un peu son auto-critique, à commencer par Christophe Girard, l'adjoint en charge de la culture, qui promet une nouvelle mission pour le 104, une ouverture du lieu, en fait le cahier des charges du début. Et il demande de l'indulgence, car dit-il, porter une telle ambition et bien ce n'est pas simple (interview). Robert Cantarella lui aussi reconnaît la difficulté de susciter la rencontre entre public populaire et artistes, même s'ils sont nombreux installés, là, en résidence. Et l'ex co-directeur du 104 se demande même si on a pris cette affaire par le bon bout (interview). Pourtant à Berlin, en Belgique, aux Pays-Bas, à New-York, il existe des lieux où la création rencontre facilement le public. Mais en France, le bilan est mitigé. Le Lieu Unique à Nantes ça marche bien, la friche de la belle de mai à Marseille, c'est à l'image de la ville : un beau potentiel, mais on attend toujours le décolage et puis il y a Lille qui, depuis qu'elle a été capitale européenne de la culture en 2004, se veut le maître étalon de ce concept, la gare Saint-Sauveur, le Tri postal ne désemplissent pas assure Didier Fusillier, le directeur de Lille 3000 (interview). _____ Un dossier de Thierry Fiorile avec les services culture, info géné et politique de France Inter.

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