L'armée française au Mali
L'armée française au Mali © REUTERS/Joe Penney / REUTERS/Joe Penney

Dans l'armée, on l'appelle "la blessure invisible" ou encore "le cancer de l'âme". Alors que les soldats français sont au Mali, en Centrafrique et en Afghanistan, ils sont 2 000 à 3 000 victimes de stress post-traumatique.

Des troubles psychiques graves qui touchent officiellement 400 militaires français. C'est parfois le retour en France qui est aussi dur à vivre que les combats et on retrouve la trace de certains soldats dans la rubrique faits divers. Il y en a qui se mettent à boire, certains se suicident. En décembre dernier, l'ancien caporal Jérémy Rimbaud, 26 ans a tué un vieil homme et lui a mangé une partie du coeur. D'après son entourage, il aurait sombré dans un délire mystique traumatisé par plusieurs missions en Afghanistan.

Marqué au fer rouge par l'Afghanistan, c'est aussi l'histoire, heureusement bien moins dramatique de Sylvain Favières. Cet ancien infirmier parachutiste a servi dans la région de Kandahar pendant six mois. Il nous raconte ses crises d'angoisse, sa thérapie et son lent retour à la vie.

Quand je suis rentré, j'étais tout seul dans mon coin. C'était l'hypersensibilité qui se manifestait par des pleurs.

Sylvain Favières dit aussi que les images de cadavres mutilés ne passent plus en boucle dans sa tête mais qu'il sursaute encore quand une porte claque. Il a écrit un livre "Ma blessure de guerre invisible" où il raconte sa thérapie.

Comment l'armée lutte contre ce syndrome post-traumatique ?

l'armée française assure que la population de bangui n'est plus menacée
l'armée française assure que la population de bangui n'est plus menacée © reuters

Petit à petit, des psychologues s'installent dans les régiments et reçoivent les soldats qui rentrent de mission. Sur le terrain, un psychiatre part en première ligne avec les combattants pour répondre immédiatement aux traumatismes. Au Mali par exemple, la présence d'enfants soldats a beaucoup choqué les militaires français.

Le médecin-chef Lionel Caillet était il y a quelques semaines encore dans l'enfer du massif des Ifoghas.

Le fait de pouvoir mettre des mots sur ce qu'il a vécu déjà diminue le sentiment d'isolement.

En janvier 2013, le ministère de la Défense a aussi ouvert une ligne téléphonique "Ecoute défense." Elle fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 avec des psychologues qui répondent aux militaires.Le capitaine Marc Saintot écoute la détresse des anciens d'Afghanistan de Côte d'Ivoire, de Bosnie... et même de Dien Bien Phû.

Pendant des années, ca a été et puis j'ai revu un reportage...

L'enjeu de ce traitement psychologique et médicamenteux, ce n'est pas de guérir mais de soulager... dit un autre psychologue. Il explique qu'en voyant la mort en face, les soldats perdent l'illusion de l'immortalité qu'ont tous les êtres humains. Cette illusion, on ne la retrouve pas mais on peut vivre avec ou plutôt sans conclut-il.

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