Opération de police
Opération de police © Franck LODI/SIPA

Depuis un an, la police du quotidien, celle qu'on appelle au 17 quand il y a un accident de la circulation ou une bagarre, est confrontée à toute autre chose. Elle doit désormais faire face à des tueries de masse.

"Assister, servir et protéger" c'est la devise de ces flics de terrain. Ils sont plus de 17.000 sur Paris et la petite couronne, comme Léa, major de police dans la capitale depuis 20 ans. Elle a sous ses ordres 30 personnes.

C'est sa brigade, il y a un an, qui a donné l'alerte quand Amédy Coulibay s'est retranché dans l'Hypercasher de la porte de Vincennes. Dix mois plus tard, le 13 novembre, Léa est appelée pour des coups de feu dans le 11e arrondissement. Elle ne sait pas ce qui l'attend quand elle arrive à la terrasse de la Belle Equipe.

Sur les ondes on entend que ça a tiré du côté de la rue de Charonne. On se demande ce qui se passe. A aucun moment on pense que c’est un attentat. Et puis l’image qu’on a immédiatement c’est tous ces gens en terrasse, encore un verre à la main. Ils sont tous morts

Ce jour là, Léa et ses collègues ne sont équipés que de gilets pare-balle et d'armes de poing. Du matériel plus adapté a bien été réclamé depuis les attentats de janvier, mais malheureusement "le temps administratif a pris le pas sur l'urgence", constate amèrement Audrey Colin, du Syndicat de police Synergie Officier.

Après les attentats de Charlie Hebdo on a demandé quels étaient les besoins. Ces besoins ont été recensés mais sont restés lettre morte. Il faut maintenant du matériel de protection et des formations en corrélation avec la menace.

Une directive sur la conduite à tenir en cas d’attaques a été envoyée à tous les services il y a trois semaines environ, le matériel doit quant à lui arriver d'ici à juin prochain.

Il y aura donc du matériel supplémentaire et une meilleure formation mais il faudra aussi repenser la stratégie dans son ensemble

Pour les gendarmes et leur force d'élite c'est une évidence. Il faut changer de logiciel, nous explique le patron du GIGN, le Groupe d'Intervention de Gendarmerie, le Colonel Hubert Bonneau. Ce qui se dessine en creux, c'est qu'il va falloir une bonne fois pour toute mettre fin à la guerre entre services

Ce nouveau visage du terrorisme induit forcément un changement dans notre doctrine. Le GIGN ne peut intervenir. Il faudra engager tout de suite l’unité la mieux disposer à intervenir que ce soit la gendarmerie ou la police. C’est un changement de fond.

Les gendarmes ont de leur côté créé 150 unités de pelotons de surveillance et d'intervention renforcées. Elles seront déployées dans les zones les plus à risques.

Malgré tout cela la vie continue avec la même force d'engagement pour Léa.

Je ne veux pas abandonner mes gars. Je n’ai eu aucun de travail. On est tous debout. Ils sont très courageux.

L'équipe

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