Un reportage signé Nour-Eddine Zidane Aujourd'hui et jusqu'à jeudi se tient le Congrès des Jeunes Agriculteurs à Rodez, dans l'Aveyron. C'est le rendez-vous annuel de ce syndicat regroupant les paysans de moins de 35 ans, avec une question latente : quel avenir pour une profession vieillissante, particulièrement touchée cette année par des conditions climatiques exceptionnelles ? Malgré les quelques gouttes ces derniers jours, cela n'a pas suffi à renverser la nette tendance de ce printemps et cette sécheresse, plus ou moins sévère selon les régions. Exemple dans cette exploitation céréalière à Avernes, dans le Val d'Oise, au nord-ouest de Paris. Interview de Joris Lerdu Constat impuissant de Joris Lerdu, 29 ans. Il a succédé à son père l'année dernière. 200 hectares de blé, mais aussi d'orge, de colza, de maïs. Il nous certifie que même si les cours des céréales étaient élevés, cela risquerait de ne pas être suffisant pour compenser la faiblesse des récoltes. Interview de Joris Lerdu - Des revenus de plus en plus instables et une précarisation qui s'accentue. Parmi les 436.000 exploitants, plus de 40.000 ont déjà sollicité le RSA (Revenu de solidarité active), et les moins de 40 ans, qui représentent 30% de la profession, ne sont pas épargnés. Autre éléments : 33%, soit 1/3 des exploitants, ont une activité secondaire selon la MSA, la mutuelle sociale agricole. La double activité, ce n'est pas nouveau, en montagne, avec des éleveurs moniteurs de ski l'hiver par exemple. Ce qui l'est davantage, c'est ce que de plus en plus de petits céréaliers doivent s'y résoudre, comme Nicolas Loride, 35 ans et 8 années de gestion d'une exploitation de 100ha en Beauce Chartraine. Interview de Nicolas Loride Sans oublier les prix du foncier en hausse continue en 2007. Dernier chiffre officiel : l'hectare se négociait en moyenne à plus de 4.000 euros, soit 4% de plus que l'année précédente. - Un contexte difficile. Est-ce que cela décourage des nouveaux prétendants ? Cela fait réfléchir, surtout lorsque les transactions se font hors cadre familial, comme dans 25% à 30% des cas. Avec sa femme Caroline, François Héniau a pourtant fait ce choix voilà 3 ans : quitter le salariat agricole pour gérer un élevage de veaux et des vaches allaitantes, un cheptel de 350 bêtes à Mignères, près de Montargis dans le Loiret. Un lours investissement, un emprunt sur 15 ans que le couple analyse avec recul : si c'était à refaire, ils auraient peut-être agi différemment. Interview de François Héniau Une question taraude toute la profession : quelle politique agricole commune après 2013 ? En attendant, si l'Ouest attire toujours les jeunes agriculteurs, Pays-de-la Loire et Bretagne en tête, ils sont de moins en moins à tenter l'aventure. Même si cela s'est stabilisé ces deux dernières années, en 2008, on comptait 16.000 installations, contre 32.000 départs : le double, donc !

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