[scald=16049:sdl_editorrepresentation] « Le Monde » était hier en grève, pour la troisième fois en trois semaines. « Le Figaro » s'apprête à supprimer 80 postes. « La Tribune », également en grève, n'est pas parue hier. Partout, les comptes sont dans le rouge, les ventes en baisse, la publicité en berne. La presse quotidienne payante se cherche d'urgence un nouveau modèle économique. Et pour l'instant, ce sont les journalistes qui en font principalement les frais. Il est des images qui frappent l'esprit. Des journalistes du « Monde » qui défilent pour le 1er mai, masqués, vêtus de t-shirts blancs ornés de numéros, de 1 à 129, symbolisant les suppressions de postes annoncées au quotidien. Administratifs, éditeurs, rédacteurs du vénérable quotidien de référence, dans la rue au son de l'internationale ; oui c'était du jamais vu, du jamais entendu. (Témoignages recueillis par Hélène Chevallier) Les journalistes du « Monde » se découvrent finalement aussi exposés que les salariés de Moulinex ou de Renault. A « La Tribune » et aux « Echos », depuis leur rachat respectif par Alain Weil et le groupe LVMH, une cinquantaine de journalistes sont partis, sans être remplacés. Au « Figaro », engagé dans un plan d'économies, on dégraisse aussi : la direction annonce 80 suppressions de postes avec un plan de départs volontaires. Patrick Bèle, délégué du SNJ, et journaliste au service étranger (interview). Et puis il y a ceux qui sont déjà passés par là, comme au journal « Libération ». Ce n'est pas un mais deux plans de départs en deux ans qu'a subi le quotidien. François Wenz-Dumas est journaliste au service politique (interview). On a le sentiment que licencier des journalistes, c'est la solution la plus simple pour faire des économies. De fait, dans une industrie de matière grise comme la production d'information, les charges salariales sont un coût très important. « Libération », après ses plans drastiques, est en train, petit à petit, de se rapprocher de l'équilibre. Eric Fottorino, le patron du « Monde », a bien prévenu que le journal, confronté à sept exercices déficitaires consécutifs et à un endettement de 150 millions d'euros, n'avait pas d'autre choix. N'y a-t-il pas d'autres sources d'économies dans un quotidien ? La question a été posée au chercheur Jean-Marie Charon, sociologue, spécialiste des médias (interview). Un reportage de Corinne Audouin. ____ Ce soir, dans « Le téléphone sonne » à 19h20, Alain Bédouet donnera la parole aux patrons du « Monde », de « Libération » et du « Figaro ». Vos questions dès 17h au 01 45 24 7000 ou toute la journée sur franceinter.com _____

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