Déçus par les rendements des actions, refroidis par la chute de l'immobilier, de plus en plus d'investisseurs français achètent des vaches à lait pour les louer. La société Gestel, qui loue des vaches laitières, a doublé son activité en un an. Le mot « capital » vient d’ailleurs du mot « cheptel ». Investir dans la vache laitière, une idée qui fait son chemin ? « La ferme des vaches heureuses » à Saint-Victor de Cessieu, dans l'Isère, est une ferme de 95 vaches qui produit 700 000 litres de lait par an. Ils sont 3 jeunes associés sous la gouverne de Richard Durand, qui a démarré à 16 ans chez ses parents, un sportif de 48 ans qui écoute La Callas en courant le marathon dans les bois le dimanche. Les bâtiments sont neufs et écologiques, on chauffe au bois déchiqueté, on recycle l'eau qui sert à refroidir le lait. Tout l'effort consiste à développer la vente directe de yaourts et de fromage blanc en transformant sur place un septième de la production totale de lait. Comme l'attestent les comptes de l’exploitation, 15 % des revenus proviennent des subventions de la Politique Agricole Commune. Ils travaillent 80 heures par semaine en se relayant pour un salaire mensuel entre 1500 et 2000 euros net par mois. On ne risque pas de devenir riche assure Richard Durand, mais quelque chose a changé en mieux depuis l'arrivée des vaches louées. C'est en effet moins d'endettement, c'est de quoi payer les 150 hectares en fermage, c'est 50 000 euros pour la machine d'occasion à mélanger et distribuer les aliments, c'est de l'argent pour engraisser les veaux, c'est un salarié et un apprenti à la fromagerie, et du bien-être pour les vaches. En un mot : moins de stress et plus de caresses ! Tartine en argot fiscal est une valeur immobilisée amortissable. Sa valeur initiale est de 1250 euros. Elle est déclarée non par l’éleveur mais par l'investisseur au bénéfice agricole. Elle figure au patrimoine des 1200 investisseurs possédant 37 000 vaches réparties sur 880 fermes. On ne peut pas pour autant parler de niche fiscale. Il s'agit d' une tradition de maintien d'un patrimoine agricole. On pourrait très bien imaginer le contraire, une crise du lait mettant à plat les 82 000 élevages laitiers de France et une délocalisation de millions de vaches. Un reportage de Philippe Reltien.

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