Le Royaume-Uni élit aujourd’hui ses députés. Des élections générales indécises entre le sortant conservateur David Cameron et l’opposant travailliste Ed Miliband.

Les deux hommes ont beaucoup parlé d’économie dans la campagne. Cameron vante son bilan mais selon Miliband, la reprise ne profite qu’à quelques privilégiés.

Qu’en est-il réellement ? Reportage de Franck Mathevon à Swindon, dans le Wiltshire, au sud de l’Angleterre.

GWP est une société d’emballages, un bon baromètre en général de la santé d’une économie. Il y a 110 employés et les machines tournent à plein régime.

Adele Neal est directrice commerciale :

Dans notre industrie, il y a eu un bond de l’activité depuis deux ans. Les entreprises se développent, il y a des emplois. Les gens recrutent. Et quand on parle aux fournisseurs, l’activité repart, ils sont clairement plus occupés.

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Adele Neal

GWP a subi la crise de 2008, enregistrant ne baisse de son chiffre d’affaires de 20% en quelques mois. Aujourd’hui, ça va mieux, l’entreprise recrute. Son succès reflète les résultats économiques du pays : une croissance de 2,8% l’an dernier, un taux de chômage à 5,6%. Le patron David Pedley estime que le Royaume-Uni est sur le bon chemin. Il se félicite notamment des aides fiscales accordées aux entreprises. C’est clair, il va voter conservateur.

David Pedley :

Je pense que les conservateurs ont fait du bon travail sur l’économie. Ils s’attaquent aux grands enjeux qui plombent le pays depuis des années. Je suis très heureux que le ministre des Finances George Osborne n’ait pas promis trop de dépenses inconsidérées lors du dernier budget, c’est tout à son honneur.

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David Pedley

La reprise économique n’est pas perçue de la même manière partout

L’opposition travailliste parle d’une reprise en trompe-l’œil. D’après une enquête récente, moins de 20% des Britanniques estiment avoir bénéficié de la croissance. On observe d’énormes disparités entre régions.

Exemple à Newcastle, une ville du nord où l’embellie économique est pour beaucoup un mirage. Le quartier de Walker est l’un des plus défavorisés du pays. C’est ici que l’on rencontre Ellroy. Il travaille à l’usine, dans l’industrie automobile. Voici sa réponse quand on lui parle de reprise économique.

Ellroy :

C’est n’importe quoi. Moi je dois faire beaucoup d’heures sup pour payer les factures parce que mon salaire ne suffit pas. J’ai beaucoup de dettes et c’est comme un cercle vicieux. On n’arrive pas à rembourser ses dettes donc on travaille encore plus. C’est sans fin.Oui une différence énorme entre le nord et le sud du pays . Mes amis du sud n’ont pas besoin de faire des heures sup comme moi parce que leurs salaires sont assez élevés. La différence est énorme entre le nord et le sud.

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Ellroy

Ellroy fait partie des nombreux travailleurs pauvres du pays. Certes, il n’y a jamais eu autant de Britanniques actifs mais les salaires réels ont baissé depuis 2008 et il y a beaucoup d’emplois à temps partiel, précaires, notamment les contrats zéro-heure, sans garanties du nombre d’heures travaillées.

Shauna Alexander dirige à Newcastle le Bureau d’aide au citoyen, une association qui vient en aide aux plus démunis :

Les gens sont de plus en plus pauvres. Il y a 5 ans, on ne donnait jamais de coupons pour les banques alimentaires. Maintenant, on fait ça tous les jours. Les gens sont tellement dans le besoin qu’ils n’ont pas de quoi se nourrir le week-end. Soit ils ont perdu leur job, soit ils ont un emploi précaire comme les contrats-zéro-heure, soit leurs aides sociales ont été supprimées et ils ne savent pas pourquoi. Ils paniquent et nous demandent de l’aide.

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Shauna

La réforme des aides sociales est l’un des volets de la politique d’austérité du gouvernement Cameron

Beaucoup d’allocations ont été supprimées. Et les services publics ont été très touchés. Le budget de la ville de Newcastle a ainsi chuté de 40% en 6 ans.

Nick Forbes, le chef travailliste du conseil municipal, se dit particulièrement inquiet :

Ces élections sont déterminantes pour l’avenir du secteur public dans ce pays. Ces derniers temps ont été très durs pour notre ville. Et il y a le risque de plus d’austérité encore. Vu ce qu’on a subi jusqu’ici, je suis inquiet pour les personnes les plus vulnérables de notre société.

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Nick Forbes

Les travaillistes d’Ed Miliband dénoncent ainsi les inégalités économiques et l’austérité excessive des conservateurs qui ont annoncé d’autres coupes budgétaires. Mais dans l’ensemble, sur l’économie, c’est David Cameron qui a la confiance de l’opinion.

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