Alors que se tient jusqu’à dimanche le salon de l’agriculture, direction ce matin la Normandie pour rencontrer des agriculteurs bio qui n'ont pas renoncé à leurs convictions mais qui vendent leur lait à un géant de l'industrie agro alimentaire. C'est à Molay Litry près de Bayeux dans le Calvados. C'est là que vit Loic Perez, agriculteur bio, dans sa ferme. 80 vaches, des prim'holstein - ces vaches noires et blanches championnes de la production de lait. Et c'est autour de la grande table de la ferme qu'il a reçu Philippe Lefebvre avec David, son beau frère, pour expliquer que son passage au bio est en quelque sorte le résultat de ce que l'on pourrait appeler les années crises, notamment la vache folle (interview). Avant de devenir agriculteur bio, il faut 3 ans de mise à niveau, de conversion comme l'on dit. Au bout de ces trois ans, vous n'êtes pas forcément sûr de vendre là votre lait plus cher. Et au moment où Loic Perez se disait qu'il avait fait le mauvais choix, la laiterie de groupe Danone qui est à deux pas de sa ferme, s'est mise à fabriquer « Les 2 vaches », le premier yaourt bio du géant français, produit inspiré des yaourt bio americains Stonyfield. Une sorte de bouée de sauvetage pour les agriculteurs de bio de la région. Anne Thevenet est la responsable du projet chez Danone (interview). Et c'est une usine qui ne fait pas que du bio. On y fabrique aussi des crèmes dessert avec du lait pas bio - ce qui suppose un peu d'organisation pour Olivier Roche, le patron de l'usine (interview). Et il y a les mêmes contrôles chez les éleveurs. Est-ce que c'est vraiment rentable pour les agriculteurs bio ? Dans l'agriculture et a fortiori en Normandie, on parle peu argent. Loic Perez a tout de même levé une partie du voile ou plutôt du portefeuille (interview). Alors la question, c'est est-ce que le lait bio est meilleur que les autres. Pour David, le beau frère, difficile pour ne pas dire impossible de répondre (interview). Mais ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, l'arrivée sur le marché du bio de géants de l'agroalimentaire va sans doute bouleverser la donne et peut-être changer l'image du bio, pour en faire un produit, un peu moins confidentiel, un peu moins cher - même si pour le moment un yaourt bio est 30% plus cher qu'un autre. Un dossier de Philippe Lefebvre, spécialiste des questions d'agriculture à France Inter.

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