Un reportage signé Stéphane Leneuf La campagne officielle pour les élections cantonales des 20 et 27 mars est officiellement ouverte depuis ce matin. Les électeurs vont élire, pour la dernière fois, des conseillers généraux avant de passer en 2014 à des conseillers territoriaux. Examinons d’abord le mode d'emploi de ces cantonales. - Première question : est ce que tout le monde vote pour le scrutin du 20 et 27 ? La réponse est clairement non. D'abord, à Paris, on ne vote pas, puisqu'il n'y a pas de canton. Ensuite, seulement la moitié des cantons dans tous les départements sont renouvelables, sur 4039 cantons. Ce sont les conseillers généraux qui avaient été élus en 2004 ; l'autre moitié a été élue en 2008. Le mode de scrutin est un mode uninominal majoritaire à deux tours. C'est une nouveauté, les candidats doivent franchir la barre des 12,5% des inscrits pour participer au second tour, au lieu de 10% auparavant. Cela devrait limiter le nombre des triangulaires. - On va donc élire pour la dernière fois des conseillers généraux qui deviendront en 2014 des conseillers territoriaux. Quel est le rôle et la durée de leur mandat ? Les conseillers siègent au Conseil général. Leur nombre varie en fonction de l'importance démographique du département. Le plus petit c'est le territoire de Belfort : il ne compte que 15 élus. Les plus importants, le conseil général du Nord avec 79 élus et du Pas-de-Calais, 77 élus. Le mandat des conseillers généraux dure six ans. Mais en raison de la création des conseillers territoriaux qui siégeront en 2014 à la fois dans les assemblées régionales et départementales, les vainqueurs du 27 mars ne siégeront que trois ans. Quels rôles jouent les élus départementaux ? Ils ont des compétences dans l'action sociale. Ils gèrent l'allocation personnalisée d'autonomie, mais également le RSA le Revenu de solidarité active. Le social représente 60% des budgets départementaux, qui gèrent également les collèges et 50% du réseau routier français. - Quels sont les enjeux politiques de ce scrutin et quels est aujourd'hui le rapport droite-gauche ? Actuellement, sur 100 départements, la gauche en gère 58 et la droite, 42. Tout le monde aura le regard tourné sur la participation, d’autant que c’est la première fois depuis 1992 que ces élections ne sont pas couplées avec un scrutin national, régional ou municipal. Cette année, il sera difficile d'espérer une forte mobilisation quand seulement la moitié du corps électoral est appelé aux urnes. L'UMP va-t-elle limiter la casse ? Un an après la bérézina des régionales, les clignotants sont au rouges pour la majorité. Elle espère des victoires dans le Val D'Oise et en Seine et Marne, deux gros départements. Il existe aussi un certain suspens dans l'Allier, l'Ain, les Deux-Sèvres et le Vaucluse, qui pourraient tomber dans l'escarcelle de la droite. Pour autant, la majorité veut éviter de faire de ces élections un en jeu national. Interview de Francois Miquet-Marty, directeur associé a l'institut Viavoice A gauche, même si on sent une dynamique de victoire, on la joue modeste. L’objectif, c’est de dépasser la barre des 60 départements. Les gains possibles : l'Aveyron, les Hautes-Alpes, la Côte d'Or, le Jura et les Pyrénées Atlantiques. Certains au PS espèrent remporter 7 à 8 départements. Les écologistes espèrent également une dynamique. Ils ont 24 élus ; ils en espèrent 90. Ces élections interviennent dans un contexte particulier : treize mois avant la présidentielle. Le taux de participation sera à coup sur un excellent indicateur de la nationalisation de l'enjeu. Ce sera en tout cas un vrai test pour deux personnalités : François Hollande, qui a conditionné sa candidature aux primaires du PS à sa victoire en Corrèze, et pour Jean-François Coppé, une défaite serait, quoi qu'il en dise, sa défaite, même s'il a d'ores et déjà annoncé qu'il assumerait totalement les résultats.

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