En Caroline du Nord, l'un des États les plus indécis et les plus décisifs, on a été profondément marqué par la mort d'un Américain noir abattu par la police en septembre.

Memorial en mémoire de Keith Lamont Scott, abattu par la police
Memorial en mémoire de Keith Lamont Scott, abattu par la police © Radio France / Gilles Gallinaro

Keith Lamont Scott est mort alors qu’il attendait son fils à un arrêt de bus. Depuis, devant son domicile, un petit mémorial installé par ses voisins, laissé à l’abandon depuis… Ce n’est pas que les habitants ne pensent plus à lui : ils se demandent plutôt à quoi servent les hommages s’il n’y a personne pour rendre justice.

Tracy Mac Lean était là en septembre dernier, quand le père de famille a été tué.

Il n’était pas armé et il a été tué. C’est comme ça que ça s’est passé. Les policiers n’étaient pas en uniforme, ils étaient habillés en civil : ils ont encerclé sa voiture, ont regardé à travers la vitre. Ils pensaient peut-être qu’il était armé… Eet ils l’ont tué. Il n’y a eu que 10 secondes entre le moment où Keith est sorti de sa voiture et le moment où il est tombé à terre.

Keith Lamont Scott est le sixième homme abattu par la police depuis un an à Charlotte. Les trois autres étaient noirs, un latino, un asiatique. Aucun n’était blanc. Devant ce lourd bilan, la communauté noire oscille entre colère et fatalisme.

Paradoxe d’un pays qui a élu le premier président noir du monde occidental, mais qui est empêtré dans des relations extrêmement tendues entre la police et la communauté noire. Corine Mack est la présidente de l’association nationale pour la promotion des gens de couleur.

Comment voulez-vous empêcher qu’une personne tue quelqu’un à cause de sa couleur ? Je ne blâme pas Barack Obama pour ce qui se passe ici. Le système doit changer, les critères d’embauche des policiers doivent changer. Sinon cette situation se reproduira encore et encore.

Charlotte , la fin d'une vitrine de la middle-class noire américaine ?

Avec la crise, cette classe s’est appauvrie. Dans le même temps, des familles blanches aisées viennent de tout le pays pour s’installer dans les quartiers résidentiels du sud de la ville, attirées par une qualité de vie indéniable. Gentrification d’un côté… Appauvrissement de l’autre…

Cenita Gooding a 38 ans, elle est noire et elle cumule deux emplois entre minuit et demi et 17h30 pour joindre les deux bouts. "Je gagne 10 dollars l’heure sur mon premier travail, treize dollars sur le second et je galère toujours… Il faut payer le loyer, les assurances, l’essence, l’électricité, l’eau, le chauffage… Même pour l’Obamacare, il faut payer quelque chose… Oui c’est plus dur qu’avant, vraiment."

Pourtant il y a peu de chances que beaucoup de noirs votent pour Donald Trump. En revanche ils sont très nombreux à vouloir s’abstenir. Barack Obama est d’ailleurs venu à Charlotte vendredi soir pour leur demander d’aller voter. Sera-t-il entendu ? Voici ce qu’en pense Herbert White, le rédacteur en chef du « Charlotte Post ».

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