Par Delphine Simon Cette semaine, pour la première fois de leur histoire, des députés d'extrême droite, héritiers d'anciens groupuscules néonazis font leur entrée au parlement suédois. Aux Pays-Bas, la droite xénophobe et islamophobe dicte sa loi. Alors peut-on parler d'une résurgence ou d'une poussée de l'extrême droite européenne ? Oui. A cet égard, l'élection municipale de dimanche à Vienne en Autriche sera très suivie : après un score modeste a la présidentielle, le FPO de Heinz Christian Strache, l'héritier spirituel de Jorg Haider, pourrait ravir la deuxième place aux conservateurs autrichiens. Dans une capitale cosmopolite, le ton de la campagne a été très dur, explique Dany Leder, le correspondant du quotidien autrichien Kurier. Y-a-t-il une véritable poussée des partis de l’extrême droite partout en Europe ? Il n'y a pas de progression uniforme. L'extrême droite est quasi absente en Espagne ou en Irlande, mais les scores de la droite xenophobe et nationaliste dépassent les 15% dans six pays européens. Les formations de cette mouvance ont des deputés dans 14 parlements nationaux. Derniers en date : les Démocrates de Suède, nés d'anciens groupuscules néo-nazis. Ils font leur entrée cette semaine avec 20 deputés au parlement suédois : un parti anti-immigration, islamophobe : "tous les immigrants ne sont pas des cirminels dit leur leader Jimmie Akeson, mais il y a une 'connexion'". Les autres partis suédois ont tenté de les ostraciser, mais cela s'est retournée contre eux juge Gunar Lund, ambassadeur de Suède à Paris. Comment expliquer ces succès de la droite radicale ? Depuis les années 80, ces partis ont opéré un tournant : habiles à gommer un racisme trop violent, ils affichent un libéralisme économique et siègent dans des gouvernements : après avoir fait scandale en l'an 2000, l'exemple du leader autrichien Jorg Haider a été suivi en Pologne, en Suisse, en Slovaquie, au Danemark, ou en Italie. Des partis qui depuis 2001, focalisent leurs attaques sur les immigrants musulmans, le multiculturalisme et l'Islam. Ils s'imposent grâce à des leaders charismatiques qui jouent le jeu democratique. Dans plusieurs pays, ils sont désormais en position d'arbitre. Jean Yves Camus, chercheur à l'IRIS l'institut de la recherche internationale et stratégique. Depuis l'arrivée de l'extrême droite au Danemark, le pays s'est doté d'une des législations sur l'immigration les plus restrictives d'Europe. Quand elles ne sont pas représentées directement, les idées populistes xénophobes imprègnent le débat politique, comme en Allemagne. Le Président allemand a d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme le week end dernier a l'occasion des 20 ans de la réunification allemande.

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