Le film La vie d'Adèle sort cette semaine dans les salles de cinéma après des semaines de polémique sur les conditions du tournage. Fait-on du cinéma sans douleur? Jusqu'où un réalisateur peut-il demander à ses comédiennes de "donner le maximum d'elle-même". L'histoire du cinéma et des films est jalonnée de ces instants de douleurs.

Catherine Deneuve se souvient de Drôle d'endroit pour une rencontre" , réalisé par François Dupeyron :

J'ai eu une expérience difficile, mais qui s'est révélée quand même positive, avec François Dupeyron, dont j'ai fait le premier film, "Drôle d'endroit pour une rencontre". Le scénario était magnifique. Le tournage a été très difficile, car il avait du mal à diriger ses acteurs. Après les prises, il ne savait pas exprimer ce qui n'allait pas. C'était un désarroi terrible, et j'ai pas mal souffert sur ce film, que j'aime beaucoup, avec ses erreurs et ses faiblesses. C'est un film très attachant et très original, mais le tournage a été très difficile. [...] Aujourd'hui, je ne sais pas comment il est avec les acteurs, mais à l'époque, c'était son premier film, il fallait qu'il tourne avec des acteurs mais on sentait qu'il avait du mal, beaucoup de mal dans les contacts humains . (Les cahiers du cinéma 1999)

Pour Catherine Deneuve, mieux vaut partir quand ça se passe mal. Les précisions de Laurence Peuron

Björk , prix d’interprétation également, a quitté plusieurs fois le tournage de Dancers in the dark accusant Lars von Trier de se nourrir de sa fragilité (comme d’ailleurs Shelley Duvall sur Shining de Kubrick).

Pour répondre à la polémique actuelle sur la vie d'Adèle : L'avis de Dominique Païni

Dominique Païni, ex-directeur de la cinémathèque française et commissaire de nombreuses grandes expositions consacrées à des cinéastes (Hitchcock, Cocteau Antonioni…) il travaille à une prochaine exposition Henri Langlois et publie « Le cinéma, un art plastique » aux éditions Yellow Now.

La culture c'est la règle, l'art c'est l'exception , disait Godard

Le cinéma n’est pas un art indolore sans doute parce que la vie ne l’est pas et que Godard a encore raison lorsqu’il fait dire à Michel Subor dans Le Petit Soldat «La photographie c’est la vérité. Et le cinéma c’est vingt-quatre fois la vérité par secondes ".

Face caméra il dit : «les acteurs je trouve ça con, je les méprise. C’est vrai, vous leur dites de rire, ils rient, vous leur dites de pleurer, ils pleurent, vous leur dites de marcher à quatre pattes et ils le font. Moi je trouve cela grotesque ».

Extrait du Petit Soldat de Godard (1963)

Le cas de Jean-Pierre Mocky : Moteur !!!!

Mocky est sans doute le plus gueulard mais pas le plus tortionnaire des réalisateurs. Le voici à Cherbourg le 26/03/2007 filmé par l'équipe de Streap-Tease.

Jean Renoir et Alfred Hitchcock aussi

Renoir , le bonhomme Renoir a fait vivre l’enfer à Sylvia Bataille sur le tournage d’une Partie Campagne en 1936 ; Fritz Lang aussi avec Joan Bennett sur la Femme au portrait.

Ne parlons pas d’Hitchcock avec Tippi Hedren . Il la persécute surLesOiseaux en lui faisant refaire de multiples prises avec ses affreux volatiles mécaniques qui la terrorisent. Elle découvre que la caméra ne tourne pas. Il se venge parce qu’elle se refuse à lui. Sur Marnie , il tentera même de la violer.

Antonio Banderas raconte (en 2011) les souvenirs de tournage de sa belle-mère Tippi Hedren (itv Laurence Peuron)

Moment de grâce ou de perversité pour le Dernier Tango à Paris

Scène culte du__ Dernier Tango à Paris (1972) de Bernardo Bertolucci avec Marlon Brando et Maria Schneider. Bernardo Bertolucc i confie à Laurence Peuron pourquoi il a piégé Maria Schneider dans scette scène et comment il le regrette aujourd'hui.

Apocalypse now ou comment éviter le naufrage

La relation passionnelle et mortifère de Werner Herzog et Klaus Kinski. Sur Aguirre ou la colère des dieux (1975) Kinski fait des crises d’hystérie sur le plateau…les indiens proposent au réalisateur de le tuer.

Apocalypse Now (1979) sur le tournage, répétition d'une scène de Marlon Brando avec Francis Coppola.

Marlon Brando débarque sur le tournage avec quatre mois de retard. Il est obèse, n’a pas lu le livre de Conrad, ne connaît pas son texte. Coppola doit s’enfermer des heures dans la péniche, que l’acteur a réclamée comme loge, pour le faire répéter.

Dossier réalisé par Laurence Peuron avec Sophie Raimbault

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