Soldats en Afghanistan
Soldats en Afghanistan © MaxPPP/Sebastien Nogier

A l’heure du tout numérique, l’armée française est en train de préparer une nouvelle armée. Après la terre, la mer, l’air, on parle aujourd’hui de cyber armée. Le but c’est évidemment d’améliorer la sécurité des systèmes.

Dans un monde où Internet et les réseaux informatiques deviennent des champs de bataille, un seul chiffre pour mesurer l’ampleur de la menace : le site du ministère de la Défense a subi l’an passé 800 attaques informatiques qualifiées de sérieuses. Chaque année, le nombre d’assaut double.

L’idée c’est aujourd’hui de constituer un pôle, de rassembler les savoirs pour contrer ce qui devient bien une guerre, et pour ça un pôle, dit d’excellence, va voir le jour en banlieue de Rennes, à Bruz, précisément, sur le site de la DGA, la direction générale de l’armement. Dans un 1er temps, 250 experts seront recrutés.

Devant ce qui est encore un bâtiment en construction, on croise un monsieur qu’on imagine à la retraite depuis un certain temps : Louis Pouzin. Un ingénieur connu dans le monde entier pour avoir été le pionner de l’internet (il a créé les datagrammes). Dès les années 70, il travaillait sur un projet qui est devenu ensuite le Net. Le bâtiment du pole cyber défense portera son nom.

Louis Pouzin

Etre pionniers c'est toujours difficile

Quelles sont réellement ces cyber menaces

La spécificité de cette cyber guerre c’est qu’on ne sait pas toujours tout de l’attaque lancée. En prenant la main sur un ou plusieurs serveurs, le pirate peut rester inconnu. Parmi les 800 attaques contre le site du ministère de la Défense, toutes n’ont pas été identifiées. Stoppées oui, nous dit-on, mais certaines pas identifiées.

De la même manière, aujourd’hui, le risque c’est de voir un hacker prendre la main sur de l’armement. Car évidemment le système d’armement est informatisé. Là on parle de plusieurs millions de lignes de code. La tâche est difficile pour les hackers mais pas impossible.

Marie Thérèse André, directrice du laboratoire "technique de détection" à la DGA Maitrise de l’information, décrit les ravages que pourraient entrainer une attaque réussie.

On peut vouloir voler ou modifier de l'information

Après évidemment, il s’agit de savoir qui lance des attaques. Des groupes, des hackers, des pirates financés par des mafias, ou bien des états. C’est ça c’est le genre de questions auxquelles les militaires ne répondent pas.

C‘est donc un politique qui le fait, Eduardo Rihan Cypel, député PS de Seine et Marne, Il est un peu le monsieur cyber défense au sein de la commission qui s’intéresse aux forces armées. Eduardo Rihan Cypel

Les attaques informatiques peuvent faire dérailler des trains, prendre le contrôle d'un barrage

Les moyens de cette nouvelle armée

A terme, 1600 personnes travailleront à la cyber protection d’ici 2017. Le budget est de 350 millions par an. Et ce, malgré les restrictions budgétaires auxquelles la défense n’échappe pas. Mais ce n’est pas tant l’argent le problème, c’est la formation qu’il faut accélérer.

L’amiral Arnaud Coustilllière, général cyber défense

Cette expertise on l'a, mais il faut suffisammement de personnes

La cyber armée est une armée comme les autres. Son travail est défensif, mais aussi offensif. Sur ce point ci pas beaucoup d’évocations. Mais il suffit juste de comprendre que là aussi il s’agit prendre la main sur de l’armement adverse. Comme par exemple, faire éteindre des radars et faire passer ses avions incognito. C’est un autre aspect de cette cyber armée.

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