Ces dernières années, la capitale allemande est devenue une destination très prisée en la matière. Du bistrot de quartier au restaurant étoilé, l’offre est vaste, diversifiée, et en plein essor.

Il existe aujourd'hui à Berlin une bonne cinquantaine de restaurants végétariens
Il existe aujourd'hui à Berlin une bonne cinquantaine de restaurants végétariens © AFP / DPA / Daniel NAUPOLD

À l’heure du déjeuner, nous avons rendez-vous avec Marc, un français de Berlin – végétarien - qui nous emmène découvrir l’une de ses adresses fétiches, le New Deli Yoga en plein Kreuzberg, le quartier branché et cosmopolite de Berlin. "Alors qu’est-ce qu’on a sur la carte ? On a un peu de tout : des tempura d’aubergine, de l'houmous, et puis la spécialité ici c’est The Stack. C’est quoi The Stack ? Des röstis de pomme de terre avec des aubergines grillées, des tomates, de l'houmous, un petit dressing de miso, et ça c’est LE hit du quartier ici à Kreuzberg."

Dans la même rue, il y a l’embarras du choix : un vietnamien vegan, un bar à soupe et plusieurs restaurants indiens qui proposent tous une série de plats sans viande à la carte. 

Ici il y a du choix et c’est ça qui est intéressant. 

"Je suis devenu végétarien il y a quatre ans, explique Marc, j’habitais encore à Paris à l’époque. mais à Paris c’est compliqué : on va au restaurant, déjà socialement ce n'est pas toujours très bien compris, et il ,'y a pas beaucoup d’options sur la carte. Ici, dans n’importe quel restaurant, qu’il soit purement végétarien ou pas, il y a toujours cette option-là. Et c’est ce qui rend la vie facile pour un végétarien ou un vegan à Berlin." 

Le phénomène n’est pas nouveau, mais ces dernières années, Berlin est devenue LA capitale vegan et végétarienne. Au pays de la saucisse, cela peut surprendre. Mais selon Marnie, la gérante australienne du New-Deli Yoga, cette tendance est bien ancrée dans l’esprit berlinois : "Les Berlinois sont très ouverts sur ce sujet. Cela fait partie de la culture alternative de la ville., toute cette population d’excentriques et d’artistes qui sont venus s’installer ici parce qu’ils n’avaient nulle part ailleurs où aller. Ce sont eux qui ont développé un mode de vie végétarien. Et maintenant que cela se sait, il y a comme un effet boule de neige. Berlin est de plus en plus réputée pour cela.". 

Du fast food au bistrot de quartier et au restaurant étoilé, l’offre est vaste, diversifiée, et en plein essor
Du fast food au bistrot de quartier et au restaurant étoilé, l’offre est vaste, diversifiée, et en plein essor © AFP / DPA - Zentralbild / Jens KALAENE

Cette réputation ne se limite pas aux restaurants de quartier

Les meilleures adresses de Berlin se sont mises au diapason. Certaines en ont même fait leur spécialité. 

Exemple : le Cookies Cream. Installé dans les locaux d’une ancienne boite de nuit techno, ce restaurant, ouvert il y a 10 ans, est devenu cette année le premier étoilé végétarien de Berlin. Son chef, Stephen Hentschel est étonné et heureux : "Je dois dire que cette étoile Michelin a été une vraie surprise pour nous. C’est une belle récompense, mais nous voulons juste continuer à travailler comme nous l’avons toujours fait, avec les légumes de nos producteurs locaux pour développer encore la cuisine végétarienne, en créant de nouvelles recettes."     

Et s’il est encore un oiseau rare parmi les chefs berlinois plutôt portés sur la viande, Stephen Hentschel en est convaincu : Berlin est en train de devenir une capitale gastronomique : "Quand je suis arrivé à Berlin en 2001, il y avait peut-être cinq restaurants dans la ville qui étaient étoilés ou bien notés au Gault-et-Millau. Mais depuis 15, 20 ans, nous avons développé notre propre culture culinaire. Beaucoup de jeunes chefs sont venus s’installer ici pour démarrer parce qu’il est plus facile d’ouvrir quelque chose à Berlin, qu’à Londres, Paris ou New York, où les loyers sont trop chers. Nous avons aussi vu la clientèle évoluer. Auparavant, le public était plus rock et alternatif, parce que nous étions à côté de l’entrée de la boite de nuit. Mais depuis, nos menus sont devenus un peu plus cher... Bref, nous sommes devenus plus ‘adultes’." 

Une clientèle prête à payer 60 euros le menu pour déguster les spécialités maison, comme ces délicieux raviolis au parmesan et à la truffe du Périgord. 

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