C’est aujourd’hui la journée internationale des Roms. Même si aucun chiffre fiable n’est disponible, selon la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations, les roms seraient 300. 000 en France. Ces gens du voyage, tsiganes, sont la minorité transnationale la plus importante d’Europe. A Paris, la plupart vivent dans des bidonvilles et c'est une population, puisque nomade par tradition, dont le nombre est assez difficile à évaluer. Selon certaines associations, ils seraient à Paris près de 400. La mairie, elle, parle plutôt de 500 personnes. Ce qui est sûr, c'est qu'ils vivent dans des campements, installés pour la plupart au nord de la capitale, entre la porte d'Aubervilliers et la porte de la Villette. Visite de l'un de ces campements en compagnie d'Antoine, de l'association « Espoir » (interview). Un état « assez dégradé » dit Antoine. C'est un doux euphémisme. Le sol est jonché d'ordures. On vit à 5 ou 6 par baraquements de 2 mètres sur 2. Il n'est pas rare d'y croiser des rats. Il n'y a pas d'électricité. Ici, on s'éclaire à la bougie. Dans un autre campement, les habitants se sont cotisés pour acheter un générateur qui tourne à l'essence. On le branche seulement le soir. Evidemment pas d'eau courante. On s'arrange pour trouver des points d'eau, souvent près des bouches de métro ou dans les jardins publics. Bref, c'est en permanence le royaume de la débrouille. En grande majorité, ces roms sont roumains, rentrés légalement en France puisque citoyens de l'union européenne. Mais attention roms ne veut pas dire roumains (interview de Thierry Le Jars, qui fait partie lui aussi de l'association d'aide à l'enfance « Espoir »). Thierry Le Jars se bat pour la scolarisation des enfants roms. Très peu entre eux en effet vont à l'école et ça n'est pas, comme on le croit souvent, à cause des parents qui ne le voudraient pas, bien au contraire (interview Thierry Le Jars). Il faut savoir qu'en 2006, existait sur le boulevard Mac Donald un immense campement de roms qui a été rasé. La mairie de Paris souhaitait récupérer le terrain pour un grand projet immobilier, qui n'a toujours pas commencé. C'est comme ça que sont nés les campements visités ici. Et c'est à nouveau la même histoire qui recommence. Le campement qui est au bord du périphérique doit être évacué dans les jours qui viennent. Bruno Berthelot est chargé de mission au secrétariat général de la ville de Paris (interview). Certains roms ont accepté l'offre de retour de l'Anaem, l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations. 300 euros par adulte, 100 euros par enfant pour repartir en Roumanie. Un dispositif de retour volontaire qui globalement a peu de succès, il faut bien le dire - ou alors deux, trois mois après, ce sont les mêmes qui reviennent en France (interview d’une femme, sur le campement). En fait, ce qu'ils souhaitent, tous, c'est simplement un terrain où camper librement, où vivre decemment, comme n'importe quel individu. D'ailleurs, en tzigane "rom" signifie "homme". Un reportage d’Alexandra Ackoun.

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