Après 18 mois de négociations difficiles, Américains et Russes signent aujourd'hui un nouveau traité de réduction de leurs arsenaux nucléaires. Barak Obama et Dmitri Medvedev se sont donné rendez-vous à Prague. Pour le Président américain, cet accord START 3 est une étape importante dans sa volonté d'éradiquer les armes nucléaires dans le monde. C'était il y a 1 an Nicolas, quasiment jour pour jour, déjà à Prague. Barak Obama présentait l'une des propositions phares de sa nouvelle diplomatie (interview). Barak Obama milite depuis longtemps pour l'éradication des armes nucléaires. Il est soutenu par un mouvement international, Global zero, qui rassemble, par exemple, les anciens présidents Gorbatchev et Carter. En France, on trouve des personnalités politiques comme Alain Juppé ou Michel Rocard mais aussi des militaires comme l'ancien commandant des Forces aériennes stratégiques françaises, le Général Bernard Norlain (interview). Paradoxalement, la nouvelle doctrine nucléaire américaine de dissuasion publiée cette semaine, affaiblit cette argumentation en revenant aux fondamentaux de la dissuasion, pour en faire une arme de riposte. Dans un récent rapport, le sénateur Jean-Pierre Chevènement explique pour sa part pourquoi un monde brutalement sans armes nucléaires ne serait pas moins dangereux (interview). La signature de ce nouveau traité aujourd’hui à Prague est-elle vraiment un pas vers le désarmement nucléaire ? Sur le papier, l'effort est significatif. Russes et Américains qui possèdent 90% des têtes nucléaires dans le monde s'engagent à réduire leur arsenal à 1550 têtes maxi. Mais en réalité, l'effort est dérisoire, comme l'explique Bruno Tertrais de la Fondation pour la recherche stratégique (interview). Américains et Russes ont donc simplement changé les méthodes de comptage. Par ailleurs, le pari est loin d'être gagné pour Obama, car il n'est pas sûr que le congrès ratifie START 3. En fait, en négociant ce nouveau traité START avec les Russes et en renonçant aux éléments les plus agressifs de son bouclier anti-missile, Barak Obama espère obtenir le soutien de Moscou face à la menace iranienne. Il espère également un effet vertueux sur les pays désireux de se doter de l'arme nucléaire. Dans les deux cas, pour de nombreux observateurs : le pari est hasardeux. La France, elle, rappelle qu'elle est le seul pays à avoir détruit ses sites d'expérimentations et de production et qu'elle a réduit son arsenal au strict minimum, soit 300 têtes. En recevant le président russe à l'Elysée le mois dernier, Nicolas Sarkozy a d'ailleurs fait cette mise au point (interview). La France possède 1% du stock mondial de têtes nucléaires. C'est dire le chemin qu'il reste à parcourir. ___Un reportage signé Stéphane Fort.

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