Depuis sa création, neuf millions de jeunes ont bénéficié du programme d'échange Erasmus. Une expérience marquante pour des générations d'étudiants, d'apprentis, de stagiaire qui ont eu la chance de partir à l'étranger. Reportage à Barcelone, qui reste l'une des destinations favorites des Erasmus.

Une collocation Erasmus à Barcelone
Une collocation Erasmus à Barcelone © Radio France / Sébastien Sabiron

Les Ramblas, les tapas, la fête et la plage au bout de la rue. Si au sein de l'Union Européenne, la France est le premier pays d'envoi d'étudiants (43 745 étudiants en 2017), l'Espagne reste le premier pays d'accueil. Chaque année, la seule Université de Barcelone accueille 11.500 étudiants étrangers, attirés par la douceur de vivre Catalane. 

La bibilothèque universitaire de l'Université de Barcelone
La bibilothèque universitaire de l'Université de Barcelone © Radio France / Sébastien Sabiron

Pour ces jeunes, au delà de l'apprentissage d'une langue étrangère, Erasmus est la promesse d'une année de liberté, loin des parents, pleine de rencontres, notamment au sein des collocations Erasmus, ces "Auberges Espagnoles", popularisées en France par le film culte de Cédric Klapisch en 2002.  

Dans le quartier central de l'Eixample, Simona la bulgare, occupe un immense appartement avec neuf autre personnes, dont quatre français, une allemande et un anglais. Certains passeront un an à Barcelone, d'autre moins, en fonction de leur cursus universitaire ou de la durée de leur stage. Après un Erasmus à Valence, Simona a décroché son premier emploi dans la capitale catalane. Erasmus a changé sa vie :

"Ici, on rencontre des cultures différentes, des nationalités différentes. Cela vous ouvre l'esprit."

"On se rend compte qu’en fait, ces différences ne sont pas si grandes que ce que l’on imaginait avant de partir de chez soi, explique Simona. Lorsque l'on est tous dans la même situation, c’est facile de créer des liens."

Identité européenne

Dans le cloître néogothique de l'Université de Barcelone, Julia, l'Espagnole travaille avec Giulia l'Italienne. Dans leur Master de communication, tous les étudiants ont déjà fait un échange à l'étranger. Pour Giulia, Erasmus, est le meilleur ciment de l'identité Européenne : 

"Je ne me sens plus italienne. Je me sens citoyenne européenne. Rien ne me distingue d'une Allemande, d'une Française ou d'une Espagnole. C'est un très bon moyen de lutter contre le nationalisme et le racisme qui progressent en Europe."

Giulia (à gauche), Julia (espagnole) et Heg (allemand)
Giulia (à gauche), Julia (espagnole) et Heg (allemand) © Radio France / Sébastien Sabiron

Démocratiser Erasmus

Depuis les années 90, le programme Erasmus (devenu "Erasmus +" en 2014) ne se limite plus aux études supérieures. L'Union Européenne finance et accompagne aussi les projets de lycéens, apprentis et même demandeurs d'emplois qui souhaiteraient débuter leur vie professionnelle à l'étranger. Objectif : ouvrir Erasmus à un plus large public, souvent moins favorisé que les étudiants du secondaire.

Une classe du Lycée des métiers de Lorient, en stage Erasmus en entreprise
Une classe du Lycée des métiers de Lorient, en stage Erasmus en entreprise © Radio France / Sébastien Sabiron

Face à l’euroscepticisme qui se répand sur le continent, la plupart des jeunes rencontrés à Barcelone opposent les nombreux avantages permis par l'Union Européenne. Les jeunes restent plus plus europhiles que leurs aînés. Selon l'Eurobaromètre 2018 : 61% des moins de 25 ans se disent attachés à l'Union Européenne, contre 56% pour l'ensemble de la population. 

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