Depuis plusieurs mois aux Etats-Unis, le mouvement des « Tea Party » - traduction littérale : « des partie de thé » - fait parler de lui. Cette mouvance anti establishment prône le retour à un gouvernement restreint et draine l’opposition à Barack Obama. Ce week-end à Nashville, les « tea party » organisaient leur première « Convention Nationale », avec Sarah Palin en invitée d’honneur. Pourquoi avoir choisi ce curieux nom de « partie de thé » ? Parce qu’historiquement, il y a un épisode très célèbre de la révolution américaine, qui se passe en 1773, quand des PATRIOTES Américains ont détruit du thé dans le port de Boston, parce que les Anglais voulaient leur imposer des taxes. On a appelé ça la « Boston Tea Party ». Donc ici dans le mouvement « Tea Party » version 2010, on est entre patriotes. On prône un retour aux valeurs qui ont fondé l’Amérique. On lit la constitution à la lettre, on refuse en bloc que le gouvernement se mêle de quoi que ce soit. Et Obama avec sa relance économique a semé parmi ces gens un vent de panique. Patti a lancé SON groupe « Tea Party » dans sa Géorgie natale (interview). Le gros mot est lâché. Socialisme. Un mot utilisé à tort et à travers en même temps que le mouvement « Tea Party » a vu le jour. C’était avant l’été au moment des débats sur la santé. Et du plan de relance. A ce moment là, des gens en colère se réunissent à Washington sous l’impulsion de Fox news, la télé la plus conservatrice des Etats-Unis. Ils parviennent à biaiser le débat sur la santé, bousculent les démocrates, réveillent les Républicains. Et les voilà partis de réunions de quartiers, devenus une composante qui compte de l’opposition à Barack Obam. William (interview). Ce mouvement est né sur Internet, avec pour alliés les médias conservateurs. Mais qui sont ces gens exactement ? Ce sont des nostalgiques de Reagan, le dernier conservateur à leurs yeux. Mais la famille politique est plutôt républicaine. Deux exemples de background de ces gens du « Tea Party » pour montrer qu’en politique américaine, rien n’est simple. Re-Voici Patti, de Géorgie (interview) et Jackie (interview). On est ici entre gens exclusivement blancs. Il y a un racisme qui effleure parfois, mais très franchement, ce serait une erreur de réduire à cela les « Tea Party ». On est entre baby-boomers qui naviguent entre nostalgie du passé et peur de l’avenir. Au « Tea Party » on est éparses, parfois divisés, le mouvement est brouillon, l’absence de leader le rend illisible, mais il conduit la colère contre Obama. La colère, à court terme en tout cas, ça fait tourner une élection. Le Tea Party du coup présente des candidats. Quitte à saborder le parti républicain. Voici Marc Skoda, républicain de longue date, aujourd’hui « Tea Partier » dans le Tennessee (interview). Sarah Palin, quel est son rôle ? Surtout pas celui de leader ! Ce sont des populistes de droite. Un mouvement à la Ross Perot Sans Ross Perot. Palin s’est empressée en tribune de dire : « Je suis des vôtres mais pas LA votre... Vous n’avez pas besoin de suivre qui que se soit comme des moutons ». Elle parle de la vision commune qu’elle partage avec les « Tea party », à savoir, un gouvernement qui « moins il en fait, plus il est bon ». Elle parle de la constitution comme la feuille de route la plus efficace pour des Etats-Unis plus forts. Bref, elle dit tout ce qu’on attend d’elle, et forcément, elle plait (interview). Surtout si l’on songe que Sarah Palin, qui fait des chroniques sur Fox News, prend 100 000 dollars pour 40 minutes d’intervention comme samedi soir. La vraie cause de Sarah Palin en ce moment, c’est la sienne. Et l’avenir des « Tea Party » ? Novembre 2010 dira s’ils ont bouleversé le jeu politique. Où si au contraire leur extrémisme les a fait sombrer et a finalement servi les démocrates. _____Un reportage signé Fabienne Sintès, correspondante à Washington.

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